Un avion s'écrase en Colombie: 75 morts, 6 survivants

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Rodrigo ALMONACID, Florence PANOUSSIAN
Agence France-Presse
LA UNION

Un avion transportant 81 personnes, dont l'équipe brésilienne de soccer Chapecoense, s'est écrasé en Colombie, une catastrophe qui a fait 75 morts ainsi que six survivants, et déclenché un deuil national au Brésil.

Les deux boîtes noires de l'avion ont été retrouvées, a annoncé le gouverneur de la province où s'est produit l'écrasement, Luis Pérez Gutiérrez.

Lors d'un appel d'urgence à 22h (HE), le pilote a fait état de «pannes électriques». L'appareil de la compagnie bolivienne Lamia, un British Aerospace 146, avait été mis en circulation, neuf, en 1999.

Parmi les survivants, le joueur de soccer Alan Ruschel avait quelques instants avant la tragédie diffusé sur les réseaux sociaux une courte vidéo et un égoportrait (ci-dessous) pris en compagnie de l'un de ses coéquipiers, Danilo Padilha, qui n'a malheureusement pas survécu à l'écrasement.

Alan Ruschel (à droite) et Danilo Padilha à bord... (photo alan ruschel, twitter) - image 3.0

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Alan Ruschel (à droite) et Danilo Padilha à bord de l'avion quelques instants avant la tragédie.

photo alan ruschel, twitter

Le président brésilien Michel Temer a décrété trois jours de deuil après l'accident lundi soir de l'appareil, un British Aerospace 146 de la compagnie bolivienne Lamia qui transportait 72 passagers et neuf membres d'équipage.

Parti du Brésil, l'appareil avait fait une escale technique en Bolivie avant de mettre le cap sur la Colombie. Il s'est écrasé dans la zone montagneuse d'El Gordo, à 3300 m d'altitude, sur la commune de La Union, à environ 50 km de Medellín, deuxième ville de Colombie située dans le nord-ouest du pays.

« Une tragédie qui nous endeuille. Nous déplorons l'accident d'avion qui transportait Chapecoense », a déclaré le chef de l'État colombien, Juan Manuel Santos, via Twitter. Il a ensuite précisé dans une allocution télévisée avoir appelé M. Temer pour présenter ses « condoléances au peuple brésilien et offrir toute notre coopération dans ces moments difficiles ».

L'Unité nationale de gestion des risques et désastres (UNGRD) avait dans un premier bilan fait état de « la mort de 76 personnes » et « cinq blessés ». Puis un joueur de soccer, Neto, et un technicien de la compagnie ont été retrouvés en vie, tandis qu'un autre joueur, Marcos Danilo Padilha, décédait de ses blessures « pendant son transfert », a précisé à l'AFP l'Aviation civile.



Les jouers de soccer du club brésilien de... (ARCHIVES REUTERS) - image 5.0

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Les jouers de soccer du club brésilien de Chapecoense célèbrent une victoire le 23 novembre 2016.

ARCHIVES REUTERS

Mauvais temps et « pannes électriques »

Les survivants sont les footballeurs Helio Hermito Zampier Neto, Alan Luciano Ruschel et Jackson Ragnar Follman ; une hôtesse Ximena Suarez et un technicien Erwin Tumiri; ainsi qu'un journaliste Rafael Hensel, selon la même source, indiquant qu'ils avaient été transférés dans des hôpitaux proches.

L'UNGRD a précisé qu'un nouveau bilan des morts « ne sera communiqué que lorsque les recherches et les secours seront terminés ».

M. Santos a affirmé que « l'enquête sur les circonstances exactes et les possibles causes de cette tragédie avance ». L'Aviation civile avait auparavant indiqué qu'un message d'urgence pour « pannes électriques » avait été émis de l'appareil et que « l'accident a été enregistré à 22 h 34 ».

L'accident est survenu cinq minutes avant l'atterrissage à l'aéroport José Maria Cordova de Rionegro, qui dessert Medellín. Selon les autorités, les conditions météorologiques étaient mauvaises, en raison de fortes pluies dans une « zone d'accès très difficile ». Les secours ont même dû être suspendus dans la nuit et n'ont repris qu'au petit matin.

Cet appareil de Lamia, compagnie spécialisée dans les vols nolisés, en particulier d'équipes sportives, avait décollé de São Paulo, au Brésil, et fait une escale technique à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, avant de redécoller pour Rionegro.

L'UNGRD a mis en place une cellule de crise et déployé 150 personnes pour les opérations de recherche, les secouristes devant marcher plus d'une demi-heure à pied pour arriver sur le site.

Tragédie pour le monde du soccer

Le vice-président de Chapecoense, Ivan Tozzo, a réagi sur la chaine brésilienne SportTV, déplorant une « tragédie ». Ses joueurs se rendaient à Medellín pour y affronter l'Atletico Nacional dans le match aller de la finale de la Copa Sudamericana, grande compétition de clubs d'Amérique latine.

Le directeur de l'Aviation civile, Alfredo Bocanegra, a précisé que parmi les passagers se trouvaient « 22 joueurs, 28 accompagnants et membres de l'équipe technique, 22 journalistes ».

La fédération CONMEBOL a annoncé que la finale avait été suspendue, et le congrès de l'organisme du soccer sud-américain prévu ce mercredi à Montevideo reporté, selon un communiqué précisant que le président de la CONMEBOL, Alejandro Dominguez, se rendait sur place.

L'Atletico Nacional, qui devait affronter le club de Chapecoense en finale de la Copa sudamericana, a demandé que le trophée soit attribué au club brésilien, dont la plupart des joueurs ont péri mardi dans l'écrasement.

« L'Atletico Nacional demande à la CONMEBOL (confédération sud-américaine de football) que le trophée de la Copa sudamericana soit remis au club de Chapocoense à titre honorifique (...) en hommage posthume aux victimes », écrit le club colombien dans un communiqué.

Les plus grands clubs de soccer, tels le Real Madrid, le FC Barcelone ou Manchester United ont transmis « leurs pensées » pour les victimes de la catastrophe. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a évoqué « un jour très triste pour le football ».

Juan Carlos de la Cuesta, président de l'Atletico Nacional a déploré une « si grande tragédie » et exprimé, sur radio Caracol, sa « solidarité pour soutenir le club Chapecoense et les familles ».

Le modeste club Chapecoense avait surpris le football latino-américain en arrivant en finale de la Sudamericana pour la première fois de son histoire, après avoir éliminé en demi-finale la puissante équipe argentine de San Lorenzo.

Des enquêteurs britanniques en route pour la Colombie

Les autorités britanniques ont annoncé mardi l'envoi en Colombie de trois enquêteurs sur le site de l'écrasement de l'avion de la compagnie bolivienne Lamia, fabriqué par British Aerospace.

Les enquêteurs, dépêchés à la demande des autorités colombiennes, sont attendus mercredi à Medellín et « seront assistés par des représentants du fabricant britannique », le groupe BAE Systems (anciennement British Aerospace), précise l'AAIB (Air Accident Investigation Branch), qui dépend du gouvernement britannique.

Interrogé par l'AFP, BAE n'a pas souhaité faire de commentaire officiel.

Selon le site spécialisé Planespotters, l'appareil avait 17,5 ans, et avait effectué son premier vol en mars 1999.

L'appareil avait été vendu neuf par l'entreprise britannique cette même année à la compagnie aérienne américaine Mesaba, qui l'a exploité jusqu'en 2007 avant de le céder à la compagnie irlandaise CityJet. Depuis octobre 2013, il se trouvait entre les mains de Lamia, spécialisée dans les vols nolisés.

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