Brésil: 21 inculpations pour homicide après la rupture d'un barrage en 2015

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Parmi les personnes inculpées pour homicide aggravé figurent des représentants des trois entreprises, dont le PDG de Samarco au moment des faits, Ricardo Vescovi, ainsi que le directeur général des opérations, Kleber Terra.

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Agence France-Presse
RIO DE JANEIRO

La justice brésilienne a annoncé jeudi l'inculpation de 21 personnes pour homicide après la rupture d'un barrage de déchets miniers de la compagnie Samarco, propriété du groupe brésilien Vale et de l'australien BHP Billiton, qui avait fait 19 morts en novembre 2015.

Le procureur José Leite Sampaio a fait cette annonce lors d'une conférence de presse télévisée à Belo Horizonte (sud-est), où a eu lieu cet accident considéré comme la pire tragédie environnementale de l'histoire du Brésil.

«La sécurité a été mise de côté dans la quête de profits», a lancé le procureur.

Parmi les personnes inculpées pour homicide aggravé figurent des représentants des trois entreprises, dont le PDG de Samarco au moment des faits, Ricardo Vescovi, ainsi que le directeur général des opérations, Kleber Terra.

Les accusés, a poursuivi le ministère public, «ont choisi de donner priorité aux résultats économiques au détriment des normes de sécurité en matière environnementale et de celles qui protègent les personnes potentiellement affectées, et ils se sont accommodés des risques mortels».

Au Brésil, les peines pour homicide aggravé vont de 12 à 30 ans de prison.

«Par le biais d'une hausse de la production, Samarco a tenté de compenser la chute de la valeur du minerai de fer afin (...) d'augmenter les profits et les dividendes de ses actionnaires, Vale et BHP», a poursuivi le procureur.

Dans un communiqué, Vale a «rejeté catégoriquement les inculpations présentées par le bureau du procureur fédéral». BHP, tout en réfutant elle aussi «formellement» les accusations, a promis son «entier soutien» juridique aux accusés.

Le barrage de déchets de minerai de fer avait cédé le 19 novembre 2015 près de la ville historique de Mariana, dans l'État de Minas Gerais, libérant une gigantesque coulée de boue qui avait totalement submergé le village de Bento Rodrigues, faisant 19 morts et laissant plus de 600 habitants sans domicile.

Des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par le tsunami de boue, qui avait traversé deux États brésiliens et s'était répandu sur 650 kilomètres jusqu'à l'océan Atlantique à travers le lit du fleuve Doce, l'un des plus importants du Brésil, avec des conséquences désastreuses pour la vie quotidienne de milliers d'habitants, l'environnement et l'économie locale.

Des milliers d'animaux avaient été tués, des zones de forêt tropicale protégées dévastées, et 280 000 personnes étaient restées sans eau.

Sous l'effet de la coulée, des métaux lourds du fond du fleuve étaient remontés à la surface, au-dessus du niveau autorisé, obligeant les autorités à suspendre les activités de pêche.

En mai, le ministère public brésilien a lancé une offensive judiciaire contre Vale et BHP Billiton, leur réclamant 155 milliards de réais, soit 65 milliards de dollars, afin de réparer «intégralement» les dommages humains, économiques et environnementaux provoqués par la tragédie.

La tragédie et ses conséquences ont provoqué des remous jusqu'à Londres jeudi. Des manifestants ont donné de la voix face au bâtiment où se tenait l'assemblée générale annuelle de BHP Billiton, pour critiquer la réponse du groupe qu'ils estiment insuffisante.

«Nous exigeons des solutions claires et la participation de toutes les personnes affectées à la mise en place de ces solutions», a déclaré à l'AFP Rodrigo Peret, un moine franciscain brésilien.

Le PDG du groupe Jacques Nasser s'est justifié devant l'assemblée générale, en expliquant qu'«au cours de l'année écoulée, il y a eu plus de 500 réunions avec les habitants pour s'assurer que toutes les personnes affectées soient consultées au sujet des réparations».

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