Ban Ki-moon déçu par la faible mobilisation pour Haïti

Matthew a déclenché une nouvelle crise humanitaire dans le... (Photo Hector Retamal, AFP)

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Matthew a déclenché une nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la Caraïbe et plus de 175 500 Haïtiens sinistrés sont encore aujourd'hui dans des conditions plus que précaires.

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Amélie BARON
Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, en visite en Haïti, a déploré samedi la «dévastation absolue» causée par l'ouragan Matthew qui a fait plus de 500 morts, et a fait part de sa déception devant la faible mobilisation des bailleurs internationaux.

«Je suis déçu par la réponse de la communauté internationale (...) J'exhorte les principaux bailleurs à prêter leur main utile», a déclaré M. Ban à l'aéroport de Port-au-Prince après sa courte visite dans le sud du pays.

Haïti se relève à peine du séisme de janvier 2010, qui a tué plus de 200 000 personnes. Non coordonnée, l'aide humanitaire s'est à l'époque révélée un fiasco, car seule une infime fraction des importantes sommes versées par la communauté internationale est arrivée aux victimes de la catastrophe.

«Je sais qu'il y a une certaine fatigue du la part de certains pays, mais la situation actuelle, la catastrophe qui a frappé ce pays à travers cet ouragan est indescriptible», a insisté M. Ban lors de la conférence de presse conjointe avec le président provisoire haïtien Jocelerme Privert.

Un appel d'urgence de 120 millions de dollars, lancé lundi par l'ONU, doit servir à couvrir les besoins vitaux des sinistrés pour les trois prochains mois, 175.500 personnes étant encore réfugiées dans des abris provisoires.

Mais les bailleurs internationaux ne montrent pas d'empressement à financer une nouvelle fois l'aide humanitaire destinée à Haïti: 13% seulement de la somme nécessaire en urgence a pour l'heure été collectée.

Aux côtés de M. Ban, le président provisoire haïtien a appelé les pays amis à soutenir son pays sur le long terme.

«Des cyclones, il y en aura toujours. Des catastrophes, on en aura toujours: il nous faut poser des actes concrets capables de mitiger les dégâts des cyclones à venir», a déclaré M. Privert.

En début d'après-midi, M. Ban s'est rendu auprès de sinistrés aux Cayes, troisième ville du pays et l'une des plus touchées par l'ouragan.

«J'étais très, très triste quand nous avons vu une dévastation absolue. Mais tous les gens dans le monde sont avec vous», a dit en français le chef de l'ONU à des sinistrés réfugiés dans un lycée public de la ville depuis déjà 10 jours.

Si la vie reprend peu à peu aux Cayes, le désespoir d'avoir tout perdu a laissé la place à l'inquiétude face à l'avenir dans le lycée visité par la délégation onusienne.

«On nous a dit qu'on devrait partir d'ici car il faut que l'école reprenne, mais on n'a nulle part où aller», se désolait Aïvi Jean-Bar. «On nous amène un peu à manger et à boire mais ce n'est pas ça qui nous intéresse: ce qu'on veut savoir, c'est où on va aller dormir», a déclaré à l'AFP cette femme de 36 ans, réfugiée dans l'école avec ses quatre enfants.

Multiplication des cas de choléra

Au-delà des destructions d'habitations et de plantations agricoles, les autorités et les organisations humanitaires s'inquiètent devant la recrudescence du choléra, causé par les grandes inondations et par le cruel manque d'accès à l'eau potable et à des produits d'hygiène dans les zones sinistrées.

Depuis octobre 2010, le pays est confronté à une épidémie de choléra - maladie introduite dans le pays par des Casques bleus népalais - qui a fait près de 10.000 morts.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé l'arrivée prochaine en Haïti d'un million de doses de vaccin pour tenter d'endiguer l'actuelle recrudescence.

Mi-août, l'ONU a pour la première fois reconnu avoir une «responsabilité morale» envers les victimes du choléra, annonçant qu'elle allait leur accorder une «aide matérielle» directe.

Avant de repartir pour New York, M. Ban a évoqué le soutien aux familles de victimes par «l'établissement d'un fonds fiduciaire spécial», sans fournir de détails ou de calendrier.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé jeudi de prolonger de six mois, jusqu'en avril 2017, le mandat de la mission des Nations unies en Haïti (Minustah) car les dégâts causés par l'ouragan risquent de nuire à la stabilité du pays.

Le premier tour des élections présidentielles et législatives partielles, qui devait se tenir le 9 octobre, a été reporté à cause de Matthew au 20 novembre. Le scrutin qui s'était tenu il y a un an a été annulé à cause de violences et de fraudes massives.

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