Colombie: les noms de milliers de victimes du conflit brodés sur une toile blanche

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L'initiative a suivi le rejet par référendum de l'accord de paix négocié pendant près de quatre ans avec les FARC.

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Agence France-Presse
Bogota

Plus de 3500 personnes ont brodé les noms de milliers de victimes du conflit armé sur de grandes toiles blanches reliées entre elles et déployées sur la principale place de Bogota, une initiative de paix pour la Colombie, selon les organisateurs.

«Ces noms nous les avons amenés ici pour les broder, collectivement. C'est une action de paix, une action de deuil», a expliqué à l'AFP l'une des organisatrices, Maria Belen Saez.

Cette oeuvre éphémère, intitulée Sumando Ausencias (Additionnant les absences) et dirigée par la sculptrice colombienne Doris Salcedo, avait débuté vendredi lorsque des étudiants en arts ainsi que des victimes ont commencé à écrire avec de la cendre les noms de 2300 personnes ayant souffert de la guerre, sur des carrés de toile blanche de 2,50 m sur 1,40 m.

Ces noms représentaient «symboliquement» toutes les victimes de plus d'un demi-siècle de conflit armé, qui a fait plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Les toiles ont ensuite été déployées, puis reliées entre elles par des bénévoles dès l'aube mardi sur la place Bolivar, dans le centre historique de la capitale où se trouvent le parlement et le palais présidentiel.

«Je pense que c'est quelque chose de très symbolique, c'est une façon de dire aux Colombiens: nous pouvons être des sujets de droit, participer à ce type de choses qui n'appartiennent qu'à nous. Nous entrons dans un processus de réconciliation», a estimé Christian Ortiz, 25 ans, un étudiant présent sur la place Bolivar.

L'initiative a suivi le rejet par référendum le 2 octobre de l'accord de paix négocié pendant près de quatre ans avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la principale du pays.

«Je me sentais très frustrée que le Non l'ait emporté. J'étais très triste et je voulais investir mon énergie dans quelque chose qui puisse soulager cette frustration», a expliqué Daniela Rodriguez, 23 ans, une autre étudiante qui participait à cette oeuvre démontée ensuite par l'artiste.

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