Colombie: la production de cocaïne en forte hausse

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La police colombienne a saisi des paquets de cocaïne totalisant huit tonnes, le 15 mai à Turbo.

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Rodrigo ALMONACID
Agence France-Presse
BOGOTA

Les plantations de coca et la production de cocaïne ont fortement augmenté en Colombie, la quantité de drogue passant de 442 tonnes en 2014 à 646 l'an dernier, a alerté vendredi l'ONU en publiant son rapport annuel sur ce thème.

« En deux ans, les cultures de coca ont doublé » de 48 000 hectares en 2013 à 96 000 hectares en 2015, a déclaré lors d'une conférence de presse le représentant en Colombie du Bureau des Nations unies contre la drogue et la criminalité (UNODC), Bo Mathiasen.

Selon le rapport intitulé « Contrôle des territoires affectés par les cultures illicites 2015 », réalisé par l'UNODC et le gouvernement colombien, cette hausse s'élève à plus de 39 % entre 2014 et 2015.

À l'origine de cette augmentation des surfaces cultivées, le représentant de l'ONU a cité des facteurs climatiques favorables, les problèmes de vulnérabilité des populations rurales face aux groupes armés illégaux, guérillas ou gangs, et une moindre perception du risque depuis la suspension par les autorités des fumigations aériennes pour éradiquer la coca.

Le potentiel de production de cocaïne a par ailleurs connu une forte augmentation en 2015.

Selon M. Mathiasen, la production de chlorhydrate de cocaïne a augmenté de 46 % l'an dernier avec 646 tonnes, contre 442 tonnes en 2014.

« La Colombie est le principal producteur de la région », a-t-il poursuivi, précisant que le Pérou et la Bolivie, autres producteurs latino-américains, cumulent près de 60 000 hectares de plantations de coca.

Huit ans en arrière

Le rapport alerte aussi sur la menace que représentent ces plantations pour la diversité biologique et culturelle du pays, étant donné que dans les réserves indigènes, elles ont augmenté de 52 %, de 7799 ha en 2014 à 11 837 ha en 2015 et de 51 % sur les terres des communautés afro-colombiennes, de 10 626 ha à 16 030 ha.

Le directeur du service présidentiel de Stratégie intégrale de substitution de cultures illicites, Eduardo Diaz, a souligné que la Colombie était revenue « à une situation similaire » à celle d'il y a huit ans, lorsqu'elle comptait 99 000 ha de plantations de coca.

« L'augmentation de ces cultures est un thème extrêmement préoccupant [...] car il y avait une tendance claire à la baisse » auparavant, a-t-il déploré lors de la présentation du rapport de l'ONU.

Le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas, avait anticipé ces résultats jeudi en exprimant l'inquiétude du gouvernement.

Parmi les facteurs expliquant cette hausse, il avait aussi invoqué l'incertitude quant à la date de la signature des accords de paix avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), qui a fait du trafic de drogue l'une de ses principales sources de revenus, selon les autorités.

« Les cultivateurs ont obtenu une meilleure productivité » et les groupes illégaux ont réussi à « orchestrer le mouvement de protestation contre l'éradication forcée », avait-il ajouté.

Mais le ministre avait exprimé l'espoir qu'« une fois l'accord de fin du conflit signé avec les FARC, ce thème des cultures illicites commence à prendre progressivement plus d'importance dans nos campagnes de substitution et d'éradication ».

La nouvelle politique antidrogue du gouvernement du président Juan Manuel Santos, qui négocie avec les Farc depuis novembre 2012 pour mettre fin à plus de 50 ans de conflit armé, vise à convertir les guérilleros démobilisés en alliés de la lutte contre les stupéfiants.

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