Cessez-le-feu définitif entre la Colombie et les FARC

Les présidents colombien et cubain, Juan Manuel Santos... (PHOTO Alexandre Meneghini, REUTERS)

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Les présidents colombien et cubain, Juan Manuel Santos et Raúl Castro (à gauche et au centre), et le leader des FARC Rodrigo Londono, connu sous le nom de guerre de Timochenko, lors du début de la cérémonie entourant la signature de l'accord de cessez-le-feu à La Havane, le 23 juin.

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Alexandre GROSBOIS
Agence France-Presse
LA HAVANE

Le gouvernement colombien et la guérilla des FARC ont signé jeudi un accord historique sur un prochain cessez-le-feu définitif et le désarmement de la rébellion lors d'une cérémonie officielle à La Havane.

Cet accord ne comporte pas de date précise, mais doit entrer en vigueur à partir de la signature prochaine d'un accord de paix après 52 ans de conflit.

Il établit les modalités de « l'abandon des armes, des garanties de sécurité (pour la rébellion) et de la lutte contre les organisations criminelles », selon le texte lu par les médiateurs cubain et norvégien.

L'ONU, qui a accepté en janvier de superviser le règlement final du conflit colombien, sera chargée de récupérer les armes de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste) et de les détruire une fois l'accord de paix signé avec le gouvernement.

L'abandon des armes s'effectuera sous responsabilité des Nations unies, qui « recevront la totalité de l'armement des FARC », indique l'accord de fin de conflit signé par les parties, qui prévoit un délai de 180 jours pour le désarmement de la guérilla à partir de la date de signature d'un accord de paix.

« Un rêve commence à devenir réalité », avait tweeté le président colombien Juan Manuel Santos, avant d'embarquer vers Cuba pour « faire taire les fusils à jamais ».

Reste la question de la modalité de ratification du futur accord de paix : le président Juan Manuel Santos a toujours appelé de ses voeux un référendum, tandis que les FARC, qui exigeaient auparavant une Assemblée constituante, se sont déclarées récemment ouvertes à une consultation populaire.

L'accord paraphé jeudi ne tranche pas directement la question, mais les deux parties s'engagent à respecter la décision de la Cour constitutionnelle, saisie d'une proposition de référendum par le gouvernement.

Il a été signé lors d'une cérémonie à La Havane, où se tiennent depuis 2012 les négociations de paix, en présence du président colombien, du chef suprême des FARC Timoleon Jimenez, de plusieurs chefs d'État et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

« Adieu la guerre »

À Bogota, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées en fin de matinée devant un écran géant installé dans le centre-ville. Dans de nombreuses villes du pays, les Colombiens accrochaient à leurs portes des couronnes florales disant « Adieu à la guerre », ou « Demeure en paix, guerre en Colombie 1964-2016 », en écho aux unes de la plupart des journaux du pays.

« J'exulte, je suis très très heureux », a confié à la radio colombienne BluRadio l'ancien président colombien Belisario Betancur (1982-1986), qui avait lancé en 1984 la première des quatre tentatives de pourparlers menées à ce jour par le gouvernement avec les FARC.

Une fois signé l'accord de fin de conflit, le dernier point à résoudre sera le mécanisme de ratification de l'accord de paix final.

Le président Santos souhaite un référendum tandis que les FARC, après avoir longtemps exigé une Assemblée constituante, se sont récemment déclarées ouvertes à une consultation populaire, permettant d'envisager une résolution prochaine de cet ultime volet.

Lors de cette cérémonie de signature à La Havane, rébellion et gouvernement doivent notamment lever le voile sur les modalités de la démobilisation des FARC, dont les quelque 7000 combattants devraient être placés dans des zones de concentration.

Il est déjà prévu que le désarmement de cette guérilla, issue en 1964 d'une insurrection paysanne, se déroule sous la surveillance d'une mission des Nations unies.

Si cette paix est conclue avec les FARC, cela ne signifiera pas pour autant la fin du conflit en Colombie, où la seconde guérilla du pays, l'Armée de libération nationale (ELN), et les bandes criminelles principalement issues d'anciens groupes paramilitaires continuent de défier le gouvernement.

L'espoir est toutefois permis avec cette avancée décisive conjuguée à l'annonce, en mars, du lancement prochain de pourparlers de paix entre Bogota et l'ELN après plus de deux ans de conversations préliminaires confidentielles.

Dans le cadre des pourparlers ouverts en novembre 2012 avec les FARC, le volet « fin de conflit » constitue le cinquième des six points du calendrier à avoir fait l'objet d'un accord, après la réforme agraire, le trafic de drogue, les réparations aux victimes (qui inclut la justice s'appliquant aux ex-belligérants) et la participation politique des guérilleros démobilisés.

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