Couvre-feu décrété à Haïti

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Haïti est plongée dans une crise politique profonde depuis que le processus électoral a été suspendu en janvier, en raison des accusations de l'opposition de l'époque, dénonçant un «coup d'État électoral» fomenté par Michel Martelly.

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Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Le bureau de la primature haïtienne a décrété lundi soir l'instauration d'un couvre-feu pour la nuit de lundi à mardi, alors que l'opposition avait appelé à une «veillée patriotique» pour marquer la dernière journée du mandat du président provisoire.

Le gouvernement annonce avoir pris cette décision «suite à des informations pertinentes relatives à la planification à grande échelle d'actes attentatoires à la vie et aux biens de la population, en particulier dans la zone métropolitaine», indique le communiqué de presse diffusé seulement quelques minutes avant l'entrée en application du couvre-feu.

La circulation de toute personne ou véhicule, autre que ceux de la police et des services ambulanciers, est interdite sur l'ensemble du territoire haïtien depuis lundi soir 22h00 et jusqu'à mardi matin 5h00.

Cette mesure gouvernementale intervient alors que l'opposition avait annoncé vendredi la tenue d'une «veillée patriotique» cette nuit pour marquer le dernier jour du mandat du président provisoire.

«À minuit, nous allons faire une marche pacifique, avec des bougies, qui s'achèvera face au Palais national, pour dire au revoir au président Privert» indiquait le communiqué du mouvement d'opposition, mené par l'ancien premier ministre Evans Paul.

En février, Jocelerme Privert a été élu président provisoire par le parlement, suite au départ sans successeur élu de l'ancien président Michel Martelly.

Haïti est plongée dans une crise politique profonde depuis que le processus électoral a été suspendu en janvier, en raison des accusations de l'opposition de l'époque, dénonçant un «coup d'État électoral» fomenté par Michel Martelly.

Au premier tour du scrutin présidentiel, le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de «farce ridicule».

Face aux contestations de l'opposition et suite au rapport de la commission d'évaluation électorale, concluant que le scrutin avait été émaillé de «fraudes massives», les autorités ont décidé d'annuler le vote et de reprendre à zéro l'élection présidentielle.

Pour choisir leur prochain chef d'Etat, les plus de 6 millions d'électeurs haïtiens sont donc à nouveau appelés aux urnes les 9 octobre et 8 janvier prochains.

Ce calendrier électoral place le pays devant le risque d'un potentiel nouveau vide du pouvoir présidentiel : le mandat de Jocelerme Privert, limité à 120 jours, doit prendre fin ce 14 juin.

Convoqués lundi en assemblée nationale pour trouver une issue à cette crise, les députés et sénateurs ont reporté à ce mardi leur débat pouvant aboutir à la prolongation du mandat du président provisoire.

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