Pérou: Keiko Fujimori concède sa défaite à la présidentielle

La candidate malheureuse à la présidentielle péruvienne Keiko Fujimori.... (PHOTO Rodrigo Abd, AP)

Agrandir

La candidate malheureuse à la présidentielle péruvienne Keiko Fujimori.

PHOTO Rodrigo Abd, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Moises AVILA
Agence France-Presse
LIMA

Keiko Fujimori, dont le père, ex-président, est en prison pour crime contre l'humanité, a admis vendredi la victoire de son rival Pedro Pablo Kuczynski à l'élection présidentielle au Pérou, qui doit encore être entérinée après d'ultimes recours.

L'ex-banquier de Wall Street, candidat de centre droit âgé de 77 ans, a obtenu au second tour de dimanche 50,12 % des suffrages, contre 49,88 % pour sa rivale de droite et fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000).

Seules quelque 40 000 voix, sur un total de 31 millions d'habitants, séparaient les deux adversaires, et un très faible pourcentage des bulletins faisaient encore l'objet de recours vendredi et devaient être examiné par un tribunal électoral dans les prochaines heures.

Sauf surprise, « PPK » comme il est surnommé, devrait être officiellement proclamé nouveau président du Pérou et prendre ses fonctions le 28 juillet.

Sans attendre, Washington a salué « la victoire » de Kuczynski, le département d'État américain affirmant vouloir maintenir « les liens forts d'amitié et de coopération » entre les deux pays.

Il a aussi reçu des félicitations de dirigeants, de Michelle Bachelet (Chili), Juan Manuel Santos (Colombie), Mauricio Macri (Argentine), ou encore Enrique Peña Nieto (Mexique)

Mais ce flûtiste de haut niveau devra jouer la mélodie de la concertation face à un Parlement d'opposition afin de relever les nombreux défis auxquels est confronté ce pays.

Si elle a concédé sa défaite, cinq jours après ce scrutin extrêmement serré, Keiko Fujimori a immédiatement rappelé au futur président qu'elle serait une opposante de poids puisque son parti Fuerza Popular sera majoritaire au Parlement.

Il a remporté 73 des 130 sièges du Parlement monocaméral lors des législatives du 10 avril, qui se sont tenus en même temps que le premier tour de la présidentielle.

Comme il l'avait déjà annoncé, M. Kuczynski, un vétéran de la politique péruvienne qui a déjà été premier ministre (2005-2006), nommera au ministère de l'Économie Alfredo Thorne, ex-dirigeant de J.P. Morgan-Chase et ancien économiste de la Banque mondiale.

Le scrutin a montré que la moitié de la population souhaitait le retour au pouvoir du clan Fujimori, synonyme pour certains de réussite économique, tandis que l'autre moitié ne pardonne pas ses méthodes autoritaires et populistes à l'ancien président.

Pas de grâce présidentielle

M. Kuczynski, qui devra aussi composer avec le Front ample (gauche), formation l'ayant soutenu dans la campagne pour battre Mme Fujimori, devra se rapprocher des classes populaires, plus favorables au fujimorisme.

« Il doit y avoir une concertation. Il doit y avoir un programme politique, social et économique sur lequel nous sommes d'accord », a-t-il déclaré dans un entretien à Latina TV.

Parmi les premiers dossiers délicats que le futur président pourrait avoir à trancher : le sort de l'ex-homme fort du Pérou, Alberto Fujimori, aujourd'hui âgé de 77 ans et qui a été condamné en 2009 à une peine de 25 ans de prison pour crimes contre l'humanité et corruption.

Dans une interview au site internet de la revue Semana Economica, le futur président s'est dit prêt à lui permettre d'effectuer sa peine à domicile en raison de son état de santé délicat, le vieil homme souffrant d'hypertension et d'une lésion cancérigène à la langue. Il a en revanche écarté toute grâce présidentielle.

« Ce que j'ai dit, c'est que si le congrès adopte une loi pour que des personnes dans sa situation accomplissent la fin de leur peine à domicile, je la signerai », a déclaré PPK, laissant ainsi la responsabilité entre les mains du futur Parlement.

Le nouveau président devra en outre améliorer la sécurité, principale préoccupation des Péruviens.

M. Kuczynski a promis de renforcer la police et d'améliorer la sécurité dans les prisons tout en créant de l'emploi pour les détenus.

Dans un pays qui se situe parmi les premiers producteurs au monde de feuilles de coca et de cocaïne, une activité qui rapporterait environ 8,5 milliards de dollars par an, il aura aussi à combattre le narcotrafic.

Une commission parlementaire a révélé que le crime avait infiltré de nombreux pans de la classe politique.

Le Pérou, important producteur mondial d'or, d'argent et de cuivre, est aussi agité par des conflits sociaux bloquant une dizaine de projets-clés. Les habitants redoutent la pollution de leur environnement et se plaignent de ne pas profiter de l'activité économique générée.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer