Brésil: le scandale Petrobras hante le nouveau gouvernement de Temer

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Le président brésilien par intérim Michel Temer.

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Damian WROCLAVSKY
Agence France-Presse
BRASILIA

Le parquet brésilien a requis l'incarcération des présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, des alliés du président par intérim depuis un mois, Michel Temer, de plus en plus menacé par le scandale de corruption Petrobras.

Selon le quotidien O Globo de mardi, quatre hauts responsables politiques brésiliens sont dans le collimateur du ministère public : outre les présidents des deux chambres, un ancien ministre et un ex-chef d'État sont visés. Ils sont accusés d'avoir tenté d'interférer dans l'enquête sur le gigantesque scandale de corruption au sein du géant pétrolier Petrobras.

Ces personnalités - toutes membres du parti PMDB de Michel Temer - «ont été enregistrées en train d'essayer d'interférer dans l'enquête lavage rapide», le nom de la procédure contre Petrobras, d'après O Globo.

Suspendue de ses fonctions le 12 mai pour un maximum de 180 jours, en attendant son procès par le Sénat pour maquillage des comptes publics, la présidente de gauche Dilma Rousseff a dû laisser sa place à son vice-président Michel Temer. Elle le considère comme un «traître» qui a ourdi un «coup d'État» parlementaire.

Le procureur général du Brésil Rodrigo Janot a demandé à la Cour suprême d'incarcérer Renan Calheiros, le président du Sénat et premier dans la ligne de succession présidentielle, et le sénateur Romero Juca, éphémère ministre de la Planification de M. Temer qui avait dû démissionner quelques jours après sa nomination pour son rôle dans l'affaire Petrobras.

Rodrigo Janot a également requis la détention à domicile pour l'ancien président José Sarney (1985-1990), 86 ans, et demandé son placement sous surveillance électronique.

Il en va de même pour Eduardo Cunha, le président ultraconservateur de la Chambre des députés. Son mandat a été récemment suspendu par la Cour suprême, mais il a continué à «interférer dans le commandement de la Chambre basse», selon le quotidien.

Ni le parquet ni la Cour suprême n'ont confirmé à l'AFP ces décisions annoncées par O Globo et d'autres médias brésiliens, qui citent des sources de l'enquête «lavage rapide».

Gouvernabilité en cause

L'éventuel placement en détention de ces quatre dirigeants est une menace pour le gouvernement Temer dont la prise de fonction n'a en rien allégé l'atmosphère politique au Brésil. Ni faire oublier sa condition d'équipe provisoire, arrivée aux affaires à la faveur de la procédure de destitution de Dilma Rousseff.

Le site G1 de Globo affirme que le juge de la Cour suprême Teori Zavascki, qui doit trancher sur le sort des quatre accusés, pourrait se prononcer qu'à l'issue de la procédure d'impeachement.

Le jugement final de la procédure en destitution de Dilma Rousseff est prévu mi-août, en pleins Jeux olympiques de Rio (du 5 au 21 août).

MM. Calheiros, Cunha, Sarney et Juca sont des «caciques» du PMDB (centre droit) que dirigeait M. Temer peu avant d'assumer la présidence du pays.

Le président du Sénat M.Calheiros a assuré mardi dans un communiqué «ne pas avoir commis d'acte qui puisse être interprété comme une tentative présumée d'obstruction à la justice». Il a qualifié sa demande de prison d'«irrationnelle, disproportionnée et abusive».

La nouvelle a aussi eu des répercussions à la Chambre des députés où la commission d'éthique débat de l'éventuelle destitution de M. Cunha, qui a joué un rôle central dans la destitution de Mme Rousseff. Il est accusé d'avoir menti à ses pairs en niant posséder des comptes bancaires en Suisse alimentés par l'argent de la corruption de Petrobras.

Pour demander les arrestations, le procureur Janot s'est basé sur les enregistrements de conversations téléphoniques des accusés, faits à leur insu par Sergio Machado, ex-président de Transpetro, une filiale de Petrobras, qui avait conclu un accord avec la justice pour réduire sa peine.

Dès que les premiers enregistrements ont filtré publiquement M. Juca, le bras droit du président Temer, a dû démissionner avant d'être imité, une semaine après, par le ministre de la Transparence, Fabiano Silveira, pour les mêmes raisons.

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