Une journaliste espagnole enlevée en Colombie

La journaliste Salud Hernandez.... (Photo AFP)

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La journaliste Salud Hernandez.

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Agence France-Presse

Une journaliste hispano-colombienne, Salud Hernandez-Mora, portée disparue depuis samedi dans le nord-est de la Colombie, a été enlevée par une des guérillas qui y opère, affirme lundi le journal espagnol El Mundo, une hypothèse que privilégie également le gouvernement espagnol.

«La journaliste espagnole et correspondante d'El Mundo en Colombie, Salud Hernandez-Mora, est détenue par la guérilla», a écrit lundi le journal dans son édition en ligne, citant des sources militaires colombiennes et précisant qu'elle avait disparu dans la région de Catatumbo (nord-est).

«La zone, d'accès difficile, est contrôlée par l'ELN», ajoute le journal. L'ELN (Armée de libération nationale), qui se dit héritière du révolutionnaire argentin Che Guevara, est le deuxième mouvement de rébellion armée le plus important de Colombie, après les Farc.

Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Garcia-Margallo, a également évoqué cette piste. «Tout indique que cela pourrait être l'ELN», a-t-il déclaré en arrivant à une réunion de l'Union européenne à Bruxelles.

Salud Hernandez-Mora, une journaliste du quotidien colombien El Tiempo et correspondante d'El Mundo, est installée depuis de nombreuses années en Colombie, dont elle a acquis la citoyenneté. Elle a été aperçue pour la dernière fois samedi dans la commune d'El Tarra, selon un communiqué du ministère colombien de la Défense diffusé dimanche.

El Mundo cite une religieuse de cette localité assurant l'avoir vue samedi, au moment où elle couvrait un mouvement de mobilisation consécutif à la disparition de deux enfants, retrouvés depuis.

«J'ai donné pour instructions à la force publique, à nos généraux, aux commandants et au directeur de la police de déployer tous les efforts nécessaires pour la localiser et lui rendre sa liberté, si elle est prise» en otage, a déclaré dans un discours à Bogota le président colombien Juan Manuel Santos.

«Il y a actuellement une opération en cours, avec la participation de toutes les forces de l'ordre, sous le commandement du sous-directeur de la police», a-t-il ajouté, précisant qu'aucun groupe armé n'a pour l'instant revendiqué l'enlèvement de la journaliste.

Le président Santos, comme son prédécesseur Alvaro Uribe, connaissent bien Salud Hernandez-Mora, qui jouit d'une certaine notoriété en Colombie où elle est considérée comme plutôt conservatrice.

Plusieurs guérillas, dont les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), l'Armée populaire de libération (EPL) et l'ELN, sont actives dans le nord-est de la Colombie.

Les Farc observent depuis juillet 2015 un cessez-le-feu unilatéral, tandis que le gouvernement a suspendu les bombardements aériens à leur encontre. Toutefois, les parties en présence ne sont pas encore parvenues à s'entendre sur un cessez-le-feu bilatéral.

Le gouvernement et l'ELN (environ 1.500 combattants) ont par ailleurs récemment annoncé qu'ils entameraient des pourparlers parallèles, mais les enlèvements de civils par cette guérilla sont considérés comme le principal obstacle à leur ouverture, initialement espérée pour fin mai.

Depuis plus d'un demi-siècle, le complexe conflit colombien, le plus ancien d'Amérique latine, a impliqué guérillas d'extrême gauche, milices paramilitaires d'extrême droite et forces armées, sur fond de violences des trafiquants de drogue ayant fait au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

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