Venezuela: l'opposition renforce la pression internationale sur Maduro

Les opposants au chef de l'État sont descendus... (PHOTO CARLOS EDUARDO RAMIREZ, REUTERS)

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Les opposants au chef de l'État sont descendus mercredi dans la rue pour exiger l'organisation d'un référendum en vue de destituer le président Nicolas Maduro.

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Maria Isabel SANCHEZ
Agence France-Presse
CARACAS

L'opposition vénézuélienne multipliait jeudi les contacts au niveau international pour accroître la pression sur le président Nicolas Maduro qui menace d'accentuer la répression, au lendemain de manifestations pour exiger son départ dans un pays au bord du gouffre.

Les opposants au chef de l'État sont descendus mercredi dans la rue pour exiger l'organisation d'un référendum en vue de le destituer. Une initiative à laquelle les autorités ont opposé une fin de non-recevoir, même si la commission électorale doit encore se prononcer officiellement sur cette requête.

Sur fond de graves inquiétudes à l'étranger, les leaders antichavistes Henrique Capriles et Henry Ramos Allup, le président du Parlement, ont rencontré jeudi l'ancien chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero à Caracas. Ce dernier était accompagné de l'ex-président du Panama Martin Torrijos.

«Nous allons demander à la communauté internationale de soutenir cet objectif d'avoir un grand dialogue national», a déclaré M. Zapatero à la sortie de ces entretiens, souhaitant «avoir un calendrier dans un délai raisonnable».

Ces anciens dirigeants tentent de renouer le dialogue entre le gouvernement chaviste (du nom du président défunt Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro) et l'opposition, désormais majoritaire au Parlement.

L'opposition leur a répondu que tout dialogue avec le gouvernement devait en priorité porter sur l'organisation d'un référendum en vue de la révocation du président Maduro.

«Au Venezuela, il n'y a pas de solution économique s'il n'y a pas de changement politique», a averti la coalition d'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), majoritaire au Parlement dans un communiqué.

Le chef de l'État vénézuélien avait de son côté rencontré la veille cette délégation arrivée dans un Venezuela en pleine crise économique, politique et sociale où il a décrété l'état d'exception qui lui accorde des pouvoirs accrus en matière de sécurité, de distribution alimentaire et énergétique.

Si les manifestations de l'opposition n'ont pas été massivement suivies, la tension sociale peut s'y mesurer aux files d'attente toujours plus longues devant les supermarchés, frappés de pénuries.

Économie ravagée

Sur les réseaux sociaux, les photos et les vidéos d'actions de protestation, de tentatives de pillages ou de pillages dans ce pays à l'économie ravagée (inflation de 180,9 % en 2015 et taux de 700 % prévu par le FMI pour 2016) se multiplient.

«Cette situation est très critique, il semblerait qu'il n'y ait pas de solution. J'ai signé (la pétition pour enclencher le processus en vue d'un référendum), mais je ne suis pas allé manifester, je préfère rester à l'abri», a déclaré à l'AFP une employée de 55 ans qui souhaite rester anonyme.

Le souvenir des manifestations qui avaient secoué le Venezuela en 2014, y faisant 43 morts, reste en effet vif dans ce pays, un des plus violents du monde.

Dans le cadre de l'état d'exception, décrété par M. Maduro, mais rejeté par le Parlement, 519 000 militaires et miliciens effectueront des manoeuvres vendredi et samedi, le président ayant brandi la menace d'une «intervention extérieure».

«Il (le gouvernement) veut procéder à de grands déploiements militaires pour que les gens aient peur (...) Le faire avec le prétexte d'une menace extérieure est une bonne façon de montrer ses muscles», a expliqué à l'AFP l'analyste Benigno Alarcon.

«Cet exercice n'est pas fait pour provoquer une inquiétude quelconque dans le pays», a répondu le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez, qui a répété que le «Venezuela était menacé en ce moment».

La fièvre est brusquement montée ces derniers jours au Venezuela, où l'opposant Henrique Capriles a, à plusieurs reprises, appelé la population et l'armée à la désobéissance.

Violences

Après les manifestations de mercredi, émaillées de violences, d'affrontements et d'arrestations, le président vénézuélien a menacé de relever le niveau de l'état d'exception.

«C'est un recours dont je dispose en tant que chef de l'État si le Venezuela est le théâtre de violences en vue d'un coup d'État et je n'hésiterais pas» à le faire en cas de nécessité, a-t-il déclaré.

Dans ce contexte explosif, une délégation de députés de l'opposition vénézuélienne a rencontré jeudi à Washington le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), l'Uruguayen Luis Almagro, pour lui remettre un «rapport sur la situation» au Venezuela, pays qui possède les plus importantes réserves de pétrole du monde.

Ils lui ont aussi demandé l'activation d'urgence de la «clause démocratique» de l'organisation qui peut mener à l'exclusion provisoire d'un Etat, si la démocratie y est menacée.

Refuser d'écouter l'opposition fait de Nicolas Maduro un «dictateur en herbe», avait commenté mercredi M. Almagro.

Les États-Unis se sont dits «profondément préoccupés» par les violences exercées sur les manifestants et ont démenti toute intrusion dans l'espace aérien du Venezuela, dont le président est désormais lâché par d'anciens alliés comme l'ex-président uruguayen José Mujica qui le qualifie désormais de «timbré».

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