Le Venezuela et l'état d'exception

Le président Nicolas Maduro regarde un journal alors... (PHOTO CARLOS GARCIA RAWLINS, REUTERS)

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Le président Nicolas Maduro regarde un journal alors qu'il tient une conférence de presse, s'adressant aux médias devant des tableaux à l'effigie du héros vénézuélien Simon «le Libertador» Bolivar, au Palais Miraflores, à Caracas, le 17 mai.

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Agence France-Presse
CARACAS

Le Venezuela, qui possède les plus importantes réserves de pétrole du monde, traverse une crise économique, politique et sociale sévère: le pays est en état d'exception, ce qui confère au gouvernement de larges pouvoirs en matière de sécurité et distribution de biens.

L'opposition, qui a appelé à la désobéissance l'armée et la population, a convoqué des manifestations dans tout le pays pour réclamer la tenue d'un référendum afin d'évincer Nicolas Maduro. À l'instar de l'opposition, les experts pointent le risque «d'explosion» du pays et d'affrontements civils.

Qu'est-ce que l'état d'exception ?

Le décret publié lundi soir attribue des pouvoirs spéciaux aux militaires et autres forces de sécurité, y compris des groupes civils, afin de maintenir l'ordre et défendre le pays d'une agression extérieure.

Cet état d'exception, qui amplifie l'état d'urgence économique, en vigueur depuis la mi-janvier, permet également de prendre le contrôle des sources d'approvisionnement d'aliments et de produits de première nécessité ainsi que de ceux d'énergie pour faire face à la pénurie qui frappe le pays. Cela ouvre la porte à des expropriations d'entreprises.

L'état d'exception est en vigueur durant une période de 60 jours, soit jusqu'au 14 juillet, qui pourra être renouvelée.

Selon le président, il pourrait durer jusqu'en 2017. Nicolas Maduro a convoqué des exercices militaires pour samedi.

Que peut-il se passer durant les manifestations ?

Le Parlement vénézuélien, où l'opposition est majoritaire, a rejeté mardi soir l'état d'exception. Le Tribunal suprême de justice (TSJ) du Venezuela, la plus haute autorité judiciaire du pays, réputée proche du président Maduro, doit encore valider le décret du président.

Les dirigeants de l'opposition avaient déjà défilé mercredi dernier dans tout le pays pour accélérer la procédure vers un référendum, qu'elle souhaite organiser d'ici fin 2016. Mais ils n'étaient pas arrivés devant les sièges des autorités électorales, les forces de l'ordre ayant bloqué des rues et fait usage de gaz lacrymogènes.

Dans un des pays les plus violents du monde, la tension est montée nettement avec l'état d'exception. Le Venezuela avait été secoué par de violentes manifestations en 2014, qui avaient fait officiellement 43 morts.

Des pillages ont aussi été rapportés, et le rationnement de l'électricité imposé pour faire face à la crise énergétique qui alimente un énorme mécontentement.

Maduro tiendra-t-il ?

Le président vénézuélien est impopulaire: sept Vénézuéliens sur dix réprouvent sa gestion, selon deux instituts Datanalisis et Venebarometro.

Nicolas Maduro, qui a annoncé mardi que le référendum, pas «viable» selon lui, n'allait pas «aboutir», a accusé l'opposition de «fraude». Il a martelé qu'il irait jusqu'au bout de son mandat, qui se termine en 2019.

L'armée vénézuélienne ne donne pas de signe de défection. Elle a publié samedi un communiqué pour exprimer son «rejet le plus ferme et catégorique de la campagne systématique qui consiste à discréditer et provoquer, orchestrée depuis l'étranger».

Le bras de fer entre chavistes et anti-chavistes s'est accentué depuis que l'opposition a rassemblé début mai 1,8 million de signatures pour lancer le processus d'un référendum pour révoquer le président, qu'elle espère organiser d'ici fin 2016.

Les autorités électorales doivent encore se prononcer officiellement sur la recevabilité du projet de référendum.

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