Haïti : le résultat du scrutin de 2015 crée de nouveau la discorde

Le président par intérim d'Haïti, Jocelerme Privert.... (PHOTO ANDRES MARTINES CASARES, ARCHIVES REUTERS)

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Le président par intérim d'Haïti, Jocelerme Privert.

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Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Le président provisoire d'Haïti Jocelerme Privert a installé jeudi une commission d'évaluation et de vérification électorale qui aura 30 jours pour faire la lumière sur les scrutins contestés de 2015, une mesure dénoncée par l'opposition qui réclame désormais sa destitution.

« Cette commission est indispensable pour assurer la crédibilité du processus électoral, gage de la stabilité politique, indispensable pour le démarrage du pays et pour une fin définitive aux crises politiques qui ont secoué le pays pendant ces trente dernières années », a déclaré Jocelerme Privert lors de la cérémonie officielle d'installation de la commission.

Haïti est plongée dans une crise politique profonde depuis que le processus électoral a été suspendu en janvier, en raison des accusations de l'opposition de l'époque, dénonçant un « coup d'Etat électoral » fomenté par Michel Martelly, l'ancien président.

Au premier tour du scrutin présidentiel, le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76 % des voix, contre 25,29 % pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de « farce ridicule ».

En raison des reports successifs du second tour de la présidentielle, Michel Martelly a achevé son mandat le 7 février sans remettre le pouvoir à un successeur élu. Un accord de sortie de crise, signé entre le pouvoir exécutif et le Parlement, a permis l'élection le 14 février de Jocelerme Privert, à l'époque président du Sénat, au poste de président provisoire pour un mandat de trois mois.

Mais, alors que cet accord prévoyait la tenue des élections présidentielles et législatives le 24 avril, des divisions au sein de la classe politique persistent et ont de nouveau entraîné un report des scrutins.

Échéancier de 30 jours

Pour répondre aux attentes de la majorité des partis politiques, la commission dispose désormais de 30 jours pour « rétablir la sincérité des résultats électoraux de 2015, » selon les mots de Jocelerme Privert qui assure que « cette commission a une mission purement technique : elle est loin d'être une entité politique ».

Des propos que réfutent les sympathisants du parti PHTK (Parti haïtien Tet Kale), qui multiplient les manifestations dans la capitale : « Comment peut-on avoir cette idée de vérification alors que les résultats ont été promulgués par le conseil électoral qui est une institution indépendante », s'énervait ainsi jeudi Jean Négo Delva, un manifestant du PHTK. « Cette commission ne va travailler qu'au profit de Privert dont le but est d'éliminer Jovenel Moïse ».

Le PHTK a refusé de prendre part aux discussions pour la mise en place de la commission de vérification électorale et ses sympathisants en appellent désormais aux députés et sénateurs pour résoudre la crise.

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