Équateur : plus de 600 morts, l'ONU et la Banque mondiale mobilisées

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Le président de l'Équateur Rafael Correa constate l'ampleur des dégâts dans la ville de Pedernales, vendredi.

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Agence France-Presse
PEDERNALES, Équateur

De fortes répliques ont encore eu lieu vendredi en Équateur, dévasté le 16 avril par un séisme qui a fait plus de 600 morts et 12 000 blessés selon un nouveau bilan, alors que l'ONU et la Banque mondiale se mobilisent pour apporter une aide financière aux sinistrés.

Des secousses de magnitudes comprises entre 4 et 5,2 ont été enregistrées vendredi matin par l'Institut géophysique d'Équateur (IG) quelques heures après deux mouvements telluriques de magnitudes 6 et 6,1 jeudi soir et au cours de la nuit sur la côte Pacifique.

Ces répliques ont été ressenties dans la province de Manabi, la plus affectée par le séisme de magnitude 7,8 de samedi dernier, ainsi que dans celles d'Esmeraldas et Los Rios, et dans les villes de Santo Domingo, Guayaquil et la capitale Quito.

Le dernier bilan officiel faisait état de 602 morts, 12 492 blessés et 130 disparus. Par ailleurs, 26 091 personnes étaient sans abri et à ce jour, 113 survivants ont été sortis des décombres. Un total de 6998 bâtiments ont été détruits et 2740 ont été endommagés, selon les autorités.

L'ONU a lancé un appel aux pays donateurs, afin de récolter 72,7 millions de dollars pour aider en urgence 350 000 personnes au cours des trois prochains mois, sur les 720 000 estimées avoir besoin d'assistance.

De son côté, la Banque mondiale a promis vendredi un prêt de 150 millions de dollars pour fournir des infrastructures médicales (hôpitaux mobiles) aux sinistrés.

Le président équatorien Rafael Correa avait évalué mercredi les dégâts à environ trois milliards de dollars et annoncé des mesures économiques draconiennes, notamment des hausses d'impôts, prévoyant environ un milliard de dollars de recettes supplémentaires pour l'État afin de financer la reconstruction, qu'il a qualifiée de longue et coûteuse.

L'IG a fait état d'une réplique de 6,1 jeudi à 22 h 3 locales face à la côte de Jama, dans la province de Manabi, suivie vendredi matin d'« événements de magnitude mineure (entre 4 et 5 degrés) ».

Répliques possibles pendant des mois

Chaque secousse sème la panique parmi la population, notamment à Manta, station balnéaire populaire et port de pêche, où des familles sont sorties affolées de maisons encore debout. Mais ni nouveaux dégâts graves victimes n'ont été signalés vendredi, selon les journalistes de l'AFP présents dans la zone.

L'IG a averti que les mouvements telluriques - 722 enregistrés depuis samedi dernier - « pouvaient se poursuivre pendant plusieurs jours, voire semaines ou mois » après le tremblement de terre du 16 avril dont l'épicentre a été localisé à Pedernales, autre station balnéaire de la province de Manabi, à environ 180 km au nord de Manta.

Il s'agit du pire séisme survenu depuis 1979 dans ce pays d'Amérique latine de 16,2 millions d'habitants, dont près de la moitié, selon l'ONU, vivent dans les six provinces affectées, qui ont été déclarées en état d'urgence.

L'espoir de trouver de nouveaux survivants s'amenuise de jour en jour dans les ruines, où plusieurs centaines de secouristes d'Équateur et d'autres pays d'Amérique latine, comme la Colombie, le Mexique, le Venezuela, le Chili ou le Honduras, travaillent jour et nuit alors que l'odeur de cadavres en décomposition se fait de plus en plus prégnante.

Risques d'épidémies

Les organisations humanitaires ont averti de possibles risques d'épidémies parmi les milliers de personnes contraintes de dormir dans la rue ou dans des abris de fortune, parfois sans eau potable, dans des villes dont les infrastructures, notamment d'assainissement, ont été sérieusement endommagées.

Les autorités ont précisé vendredi que l'électricité avait été rétablie partout et l'eau à 62 %.

Vendredi, la pluie est tombée à Pedernales, pour la première fois depuis le 16 avril, causant des inondations dans les rues dont les caniveaux sont bouchés par des gravats.

De nombreux sinistrés tentaient encore de récupérer quelques affaires dans leurs maisons endommagées pour quitter la zone en dépit de l'état des routes, dont certaines présentent de profondes fissures.

« Pourquoi rester? », a déclaré à l'AFP un maçon, les larmes aux yeux. « Ma femme est morte et je n'ai plus rien à faire ici. »

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