Cuba: un ministre lance une salve de critiques contre Obama

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Bruno Rodriguez avait serré la main à Barack Obama il y a moins d'un mois, alors que le président américain entamait sa visite historique à Cuba.

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Agence France-Presse
La Havane

Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a accusé lundi le président américain Barack Obama d'avoir «attaqué» le régime cubain, son histoire et ses symboles lors de sa visite à Cuba le mois dernier.

Au cours du voyage de M. Obama du 20 au 22 mars dernier «fut menée une attaque de fond contre notre conception, notre histoire, notre culture et nos symboles», a lancé le ministre au cours de débats du Congrès du parti communiste cubain (PCC, unique) retransmis par les médias d'État.

En outre, a-t-il ajouté, «M. Obama est venu ici et a ébloui le secteur privé de l'économie, comme s'il n'était pas le défenseur des grands groupes, mais celui de ceux qui vendent des hot-dogs, des petites entreprises aux États-Unis, ce qui n'est pas le cas».

Au cours de sa visite à La Havane, M. Obama avait assuré les petits entrepreneurs privés, dits «cuentapropistas», du soutien de son gouvernement alors que les entreprises américaines ne peuvent toujours pas commercer avec l'État cubain, qui contrôle 80% de l'économie de l'île, notamment en vertu de l'embargo imposé à l'île depuis 1962.

Dans son allocution du 22 mars, le président américain s'était également livré à un véritable plaidoyer pour les libertés publiques et la démocratie devant le président Raul Castro et les caméras de la télévision d'État cubaine.

«Le socialisme et la Révolution cubaine constituent justement la garantie pour qu'il existe un secteur non étatique de l'économie qui ne soit pas constitué de grandes entreprises et de multinationales américaines», a encore martelé Bruno Rodriguez.

Si le déplacement du président américain n'avait donné lieu à aucun accroc majeur, les médias d'État s'étaient évertués les jours suivants à minimiser la portée de cette visite historique, fruit du rapprochement engagé fin 2014 entre les deux pays.

Le père de la révolution cubaine Fidel Castro avait même pris la plume quelques jours plus tard pour répondre aux «paroles sirupeuses» du président américain et lui assurer que Cuba n'avait «pas besoin de ses cadeaux».

Samedi, à l'ouverture du Congrès du PCC, qui doit définir jusqu'à mardi la ligne à suivre pour les cinq prochaines années, Raul Castro avait prévenu que les réformes économiques en cours se poursuivraient, mais sans s'écarter du chemin tracé lors du précédent Congrès de 2011.

Il avait également prédit l'échec des «aspirations de puissantes forces extérieures» désirant déstabiliser la «révolution» en encourageant le développement du secteur privé, dans une référence claire à la nouvelle orientation diplomatique de l'administration Obama.

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