Équateur: course contre la montre pour retrouver des survivants

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Des pompiers-secouristes fouillent les décombres d'un immeuble en ruines à la recherche de survivants, à Guataquil, en Équateur, le 17 avril.

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Santiago PIEDRA SILVA, Florence PANOUSSIAN
Agence France-Presse
PEDERNALES et à MANTA, Équateur

Les secours en Équateur fouillaient lundi les décombres en quête de survivants, deux jours après le séisme d'ampleur historique qui a frappé le pays, faisant au moins 350 morts et plus de 2000 blessés.

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«Mon mari est là-dessous», a lancé, à Manta, Véronica Paladines, qui, en dépit de sa stature frêle, écartait avec force les décombres de l'hôtel où travaillait Javier Sangucho, 25 ans.

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Après des heures passées à dégager les blocs de ciment et de ferraille, un groupe de pompiers de Quito, envoyé en renfort dans la province de Manabi (ouest), la plus touchée par la secousse de magnitude 7,8 samedi soir, a vu ses efforts récompensés.

«Au terme de longues heures de travail intense, trois personnes ont été retrouvées en vie parmi les décombres à Tarqui», quartier de la ville de Manta, ont annoncé les pompiers sur Twitter.

«Toute la nuit, nous avons continué les opérations de recherche, de sauvetage et d'évacuation des personnes restées coincées (sous les décombres, NDLR)», a expliqué à la chaîne Teleamazonas le ministre de la Sécurité César Navas.

«Malheureusement, nous devons vous informer qu'il y a environ 350 personnes décédées, le nombre de blessés aussi a augmenté», a-t-il déclaré. Un précédent bilan faisait état de 272 décès et plus de 2000 blessés.

La Croix-Rouge espagnole a lancé un appel à l'aide, estimant que «70 000 à 100 000 personnes auront besoin d'assistance», dont «3000 à 5000 nécessitent un logement d'urgence». Environ 1200 volontaires et employés de la Croix-Rouge équatorienne participent aux opérations de secours.

De tout le pays, des camions transportant des habits, des produits d'hygiène, des médicaments et des aliments pour les victimes se dirigeaient lundi vers la côte Pacifique.

Pire tragédie depuis 67 ans

Deux Québécois figurent parmi les victimes, et une missionnaire irlandaise de 33 ans a également trouvé la mort, selon sa communauté religieuse.

«Le nombre (de morts) va sûrement augmenter et probablement de manière considérable», avait prévenu dimanche soir le président équatorien Rafael Correa, qui s'est rendu à Manta.

«Ce sont des moments difficiles, la pire tragédie de ces 67 dernières années, uniquement dépassée par le tremblement de terre de 1949 à Ambato (centre)», a-t-il ajouté.

Des engins de chantier étaient également transportés lundi vers la zone affectée, afin d'aider à soulever les décombres d'immeubles et maisons effondrés dans la secousse.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Guillaume Long, des renforts et experts du Venezuela, de Colombie, du Pérou, du Mexique, de Cuba, de Bolivie, du Chili, de Suisse et d'Espagne sont désormais sur place.

«Demain (mardi), nous travaillerons à la coopération pour l'après-sauvetage», a-t-il expliqué sur son compte Twitter.

Sur le littoral équatorien, les sinistrés cherchaient à mains nues leurs disparus sous les gravats et gardaient l'espoir de retrouver leurs proches.

«Mon mari est là-dessous», a lancé, à Manta, Véronica Paladines, qui, en dépit de sa stature frêle, écartait avec force les décombres de l'hôtel où travaillait Javier Sangucho, 25 ans.

«Il faisait des travaux de peinture. Il était allé se reposer un peu en bas quand c'est arrivé», a raconté à l'AFP cette femme brune de 24 ans, avant de s'effondrer en larmes à l'évocation de son époux et de leurs deux enfants âgés de 7 et 2 ans.



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La station balnéaire Pedernales a été ravagée par le séisme.

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«Nous ne perdons pas espoir»

La ville de Pedernales, cité balnéaire prisée des touristes et épicentre du séisme, offrait lundi un paysage de guerre, avec des maisons en ruines, des hôtels effondrés et des lampadaires au sol.

«Des fonds ont déjà été débloqués : 300 millions de dollars (386 millions de dollars CAN) pour les urgences, 150 millions pour la reconstruction», a expliqué à l'AFP le vice-président Jorge Glas.

«Ici à Pedernales, des survivants ont été sauvés des décombres et nous ne perdons pas espoir. Nous n'écartons pas» la possibilité de trouver d'autres rescapés, a-t-il ajouté.

Les habitants craignent désormais de nouvelles répliques.

Selon le dernier rapport de l'Institut équatorien de géophysique (IG), «le nombre de répliques tend à se réduire, mais on ne peut pas écarter la possibilité de nouveaux séismes avec des magnitudes supérieures à 5».

Jusqu'à présent, l'IG a signalé 230 répliques d'une magnitude de 3,5 à 6,1 et prévoit que celles-ci se poursuivent «pour quelques jours ou semaines».

L'Union européenne a annoncé l'activation du mécanisme européen de protection civile pour aider l'Équateur et le secrétaire d'État américain John Kerry a offert le soutien des États-Unis.

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