Séisme en Équateur: au moins 350 morts, dont deux Québécois

L'état d'urgence a été décrété dans les six... (Photo Reuters)

Agrandir

L'état d'urgence a été décrété dans les six provinces les plus affectées, situées dans le sud-ouest et le nord-ouest du pays.

Photo Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Florence PANOUSSIAN, Santiago PIEDRA SILVA
Agence France-Presse
GUAYAQUIL et PORTOVIEJO

Des équipes de secours tentaient dimanche de sauver les rescapés coincés sous les décombres en Équateur, au lendemain du pire séisme qu'ait connu ce pays en près de 40 ans, qui a fait au moins 350 morts.

Le ministre de la Sécurité publique équatorien a fait état d'un dernier bilan qui s'élève à 350 morts.

Une porte-parole d'Affaires mondiales Canada, Rachna Mishra, a confirmé que deux Québécois figurent parmi les victimes. Elle ne peut fournir plus de détails pour des raisons de confidentialité et par respect pour les familles des victimes.

Selon TVA, les victimes seraient une femme et son fils de 12 ans. Pascal Laflamme, qui est directeur du marketing pour le projet résidentiel Las Olas Ecuador, était en vidéoconférence avec son père Réal, à Montréal, quand le tremblement de terre est survenu. L'affaissement d'un toit aurait emporté sa femme Jennifer et son fils Arthur.

Nombreux dégâts

À Portoviejo, l'une des villes les plus touchées, des maisons détruites, un marché dévasté, des lampadaires au sol et des débris éparpillés sur les trottoirs témoignaient de l'ampleur de la secousse de magnitude 7,8, la plus forte en Équateur depuis 1979.

«Nous avons déjà sorti trois personnes décédées et nous pensons qu'il y en a 10 à 11 supplémentaires qui sont coincées», a indiqué à l'AFP un membre de l'équipe de sauvetage travaillant sur les ruines de l'hôtel El Gato, un bâtiment de six étages qui s'est entièrement effondré.

À Guayaquil, pourtant à près de 400 kilomètres au sud de l'épicentre, «on a énormément ressenti le tremblement de terre», a raconté Oscar Alava, un ingénieur de 41 ans. Mais «grâce à Dieu, il ne nous est rien arrivé. C'est le chien qui nous a avertis en aboyant».

Dans ce port de plus de deux millions d'habitants, un homme est mort écrasé dans sa voiture après l'effondrement d'un pont et une fillette a péri quand le toit d'un centre commercial s'est partiellement affaissé.

À Manta, ville proche de l'épicentre, «les maisons se sont écroulées, les réverbères sont tombés, les gens sont complètement désespérés, il y a des gens enterrés sous les décombres», a dit Miriam Santana, 40 ans, employée de maison.

Une trentaine d'hôtels détruits

En visite au Vatican, le président Rafael Correa, qui a débloqué une aide budgétaire d'urgence d'«environ 600 millions de dollars», arrivera en avion à Manta à 18h30.

L'Union européenne a annoncé l'activation du mécanisme européen de protection civile, pour aider ce pays sud-américain, tandis que le secrétaire d'État américain John Kerry offrait le soutien des États-Unis.

Plus de 14 000 membres des forces de sécurité, 241 professionnels de la santé et deux hôpitaux mobiles ont été dépêchés sur place. Des renforts arrivent de Colombie, du Mexique, du Chili, d'Amérique centrale et d'Espagne.

À Pedernales, épicentre du séisme, haut lieu touristique avec ses plages sur le Pacifique, les autorités évaluaient le nombre des morts à entre 300 et 400, soulignant qu'une trentaine d'hôtels ont été détruits.

«Pedernales est dévasté, les immeubles se sont effondrés, en particulier les hôtels où beaucoup de touristes sont logés, il y a des cadavres. Nous avons besoin d'aide», a déclaré aux médias le maire, Gabriel Alcivar.

Le séisme s'est produit samedi à 18h58 à 20 km de profondeur, selon l'Institut de géophysique (IG), provoquant des «dégâts considérables dans la zone de l'épicentre», dans la province de Manabi (sud-ouest), «et aussi dans des lieux éloignés» comme Guayaquil ou Quito.

«La fin du monde»

Dans la capitale, Cristina Duran, 45 ans, racontait s'être réfugiée dans l'encadrement d'une porte pour se protéger des vitres volant en éclats. «J'étais affolée et je voulais seulement que ça s'arrête».

«Mon Dieu, c'est le séisme le plus long et le plus fort que j'aie jamais ressenti de toute ma vie. Pendant un bon moment, j'ai eu le tournis (...) Je voulais sortir en courant dans la rue, mais je ne pouvais pas», a dit à l'AFP Maria Torres, 60 ans.

La secousse a en outre été ressentie dans le sud de la Colombie et au Pérou, apparemment sans faire de victimes.

Elle survient peu après les tremblements de terre ayant secoué depuis jeudi le sud-ouest du Japon, avec au moins 41 morts et un millier de blessés.

Mais «il n'y a pas de relation de cause à effet entre les séismes en Équateur et au Japon», a assuré David Rothery, professeur de géosciences planétaires à l'Open University britannique, soulignant toutefois que l'énergie totale du séisme «a probablement été 20 fois plus forte» en Équateur qu'au Japon.

Pour Miriam Santana, «c'était comme la fin du monde».

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer