Brésil: Dilma Rousseff en position précaire

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La Chambre des députés du Brésil doit se prononcer dans quelques semaines relativement à la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff, qui nécessite l'appui des deux tiers des 513 élus pour aller de l'avant.

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La présidente brésilienne Dilma Rousseff se retrouve en position précaire après que l'un des principaux partis de la coalition gouvernementale qu'elle chapeaute eut décidé de lui retirer son appui.

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L’ex-président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, communément appelé Lula

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Le départ du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), qui a annoncé sa « sortie immédiate » du gouvernement à l'issue d'une réunion expéditive tenue en après-midi, risque de donner un coup d'accélérateur au processus de destitution piloté par les adversaires de la chef d'État.

La Chambre des députés doit se prononcer dans quelques semaines relativement à la procédure en question, qui nécessite l'appui des deux tiers des 513 élus pour aller de l'avant.

La décision du PMDB, qui compte 69 députés, de rejoindre l'opposition au camp de Mme Rousseff « augmente sensiblement la probabilité » que le seuil de voix requis puisse être atteint, selon le professeur Jean Daudelin, un spécialiste du Brésil rattaché à l'Université Carleton.

Le Sénat devrait ensuite appuyer la procédure par une majorité simple pour mener à la suspension de la présidente en attendant que l'affaire soit entendue sur le fond.

Durant la période de suspension, sa fonction serait assumée par le vice-président, Michel Termer, qui est lui-même issu du PMDB.

Le politicien, qui ne cache pas son ambition de prendre la tête du pays, a invité les sept ministres issus de sa formation à quitter leur poste sans attendre. Lundi, le ministre du Tourisme, Henrique Eduardo Alves, avait pris les devants de son parti en annonçant qu'il démissionnait « par cohérence ».

La procédure de destitution lancée par l'opposition reproche à la présidente d'avoir manipulé les comptes publics pour tenter d'embellir la situation du pays en période électorale.

LE RÔLE DE LULA

Lundi, l'ex-président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, communément appelé Lula, a accusé l'opposition de tenter un « coup d'État » en cherchant à faire tomber celle qui lui a succédé sans raison juridique valable.

Le départ du PMDB survient alors que Dilma Rousseff peine à gérer les retombées d'un scandale de corruption touchant le géant pétrolier Petrobras qui remonte jusqu'aux plus hauts échelons de l'État.

Lula lui-même a été touché directement par l'enquête menée par le juge fédéral Sergio Moro, qui l'a fait arrêter à sa demeure il y a quelques semaines pour le questionner relativement à ses liens avec des entreprises de construction mises en cause dans le scandale.

La présidente Rousseff a tenté de le nommer au sein du Conseil des ministres il y a 10 jours, mais la démarche a été bloquée par un juge de la Cour suprême qui y a vu une manoeuvre pour mettre le politicien à l'abri de la justice. L'ensemble des juges du plus haut tribunal du pays doit se prononcer à ce sujet dans les prochains jours.

M. Daudelin, qui mène actuellement des recherches au Brésil, estime que Mme Rousseff tentait dans les faits de remettre informellement les rênes du pays à son prédécesseur en attendant la tenue du prochain scrutin présidentiel, prévu en 2018.

Le professeur note qu'il est loin d'être clair que tous les élus du PMDB, incluant les ministres, suivront le mot d'ordre donné par la direction de leur parti et quitteront la coalition.

Le Parti des travailleurs de Mme Rousseff va tenter de recruter « au détail » des élus et de rallier l'appui d'autres formations politiques de moindre importance pour reformer une coalition viable et tenter de bloquer la procédure de destitution.

La désignation temporaire de Michel Termer à la présidence, si elle se concrétise, risque d'être de courte durée puisque le PMDB, à l'instar du PT, est ciblé par des allégations de financement électoral illégal qui pourraient ultimement le forcer à quitter son poste, note M. Daudelin.

La crise entraîne une « fragilisation institutionnelle incroyable » qui risque de s'accentuer encore plus avec la poursuite des enquêtes en cours, prévient le professeur.

UNE CRISE RICHE EN REBONDISSEMENTS

4 MARS

L'ex-président Luiz Inácio Lula da Silva, dit Lula, est arrêté et interrogé dans le cadre d'une vaste enquête de corruption centrée sur le géant pétrolier Petrobras qui éclabousse la classe politique brésilienne.

11 MARS

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, qui est ciblée par une procédure de destitution, demande à son prédécesseur d'entrer au gouvernement. La décision est vue par ses détracteurs comme une tentative pour protéger Lula contre les poursuites et renforcer sa propre position.

12 MARS

Le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), principal allié du Parti des travailleurs au sein du gouvernement de coalition chapeauté par Dilma Rousseff, affirme qu'il décidera avant la mi-avril s'il lui retire son appui.

17 MARS

Un juge du Tribunal suprême fédéral bloque la désignation de Lula comme chef de cabinet.

22 MARS

Dilma Rousseff affirme, en réaction à la procédure de destitution lancée à son encontre, qu'elle est victime d'une « tentative de coup d'État ».

29 MARS

Le PMDB annonce sa décision de quitter la coalition, fragilisant la position de la présidente à quelques semaines d'un important vote sur la procédure de destitution.

Source : Agence France-Presse

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