Mexique: torture et exécutions pendant une répression de manifestants

Entre juin 2006 et juillet 2007, les mobilisations... (Photo archives Reuters)

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Entre juin 2006 et juillet 2007, les mobilisations sociales généralisées ont donné lieu à une violente répression étatique.

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Agence France-Presse
MEXICO

Une «Commission de vérité» indépendante a découvert de graves violations des droits de l'Homme pendant la répression de manifestations dans l'État mexicain de Oaxaca en 2006 et 2007: actes de torture, disparitions forcées et neuf exécutions extrajudiciaires, dont un journaliste américain.

Après 18 mois d'enquête, la vingtaine de membres de la Commission de vérité (CVO) a établi la responsabilité de nombreux membres du gouvernement d'Ulises Ruiz Ortiz, gouverneur d'Oaxaca (sud) entre 2004 et 2010.

Son rapport mentionne les noms de 154 fonctionnaires que les 373 victimes interrogées «ont signalés de manière directe comme ayant perpétré ou participé au conflit», d'après le résumé de l'enquête.

Entre juin 2006 et juillet 2007, les mobilisations sociales généralisées ont donné lieu à une violente répression étatique.

En septembre 2013, une loi avait créé la Commission de vérité pour enquêter sur les violations des droits de l'Homme perpétrées durant cette période, qui a laissé une vingtaine de morts.

Certains de ces actes étaient «systématiques et généralisés» et par définition pourraient être considérés comme des crimes contre l'humanité, a dit à l'AFP Diego Ernesto Osorno, coordinateur de la CVO, qui a conclu son travail cette semaine.

«La torture était généralisée, nous avons des cas de personnes qui ne faisaient pas partie du mouvement et qui ont été torturées par les autorités», selon M. Osorno.

La CVO dit également avoir prouvé neuf exécutions extrajudiciaires et deux disparitions forcées, parmi les 29 disparus recensés à cette période.

Parmi les tués figure le journaliste américain Brad Will, un cameraman de 36 ans abattu le 27 octobre 2006 pendant qu'il couvrait une manifestation violente. Les neuf exécutions recensées sont des «crimes d'État» qui restent impunis, selon la commission.

Du côté du pouvoir central, l'enquête pointe la responsabilité des ex-présidents Vicente Fox et Felipe Calderón.

«L'intervention des forces fédérales, la participation des instances de l'administration judiciaire et l'ingérence des services de renseignements au niveau national relève de la responsabilité directe des deux ex-présidents», souligne le résumé du rapport.

Dans un entretien avec la CVO, M. Fox a déclaré «avoir subi des pressions de la part de son successeur, Felipe Calderón Hinojosa, pour envoyer les forces fédérales», selon le rapport, mais pour autant, il a affirmé assumer sa «décision et sa responsabilité».

Avec ce rapport, les membres de cette commission indépendante espèrent se diriger vers une «transition démocratique et judiciaire». «Mais nous ne sommes pas naïfs pour autant. Ça n'arrivera pas aujourd'hui, mais dans deux, ou peut-être 10 ans», commente M. Osorno.

Après consultation par le gouvernement, ce rapport de plus de 1.000 pages sera rendu public, puis transmis à la Commission interaméricaine des droits de l'Homme à Washington.

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