Crises politique, économique et alimentaire en Haïti

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L'image de résidants de Port-au-Prince se reflète dans une flaque d'eau alors qu'ils circulent dans une rue de la capitale haïtienne, le 1er février.

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Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Haïti s'enfonce dans une crise économique et alimentaire aggravée par la vacance du pouvoir, suite au report sine die du second tour de la présidentielle et le départ du pouvoir de Michel Martelly.

«Avec tous les troubles politiques que nous avons, les investissements publics vont continuer à subir une contraction. Les investisseurs privés locaux? Ne leur demandez pas de mettre leurs fonds dans cette économie alors ne parlons pas des investisseurs internationaux», commente l'économiste haïtien Kesner Pharel.

Le pays le plus pauvre des Amériques vit un vide institutionnel sans précédent après l'arrêt du processus électoral, en raison des contestations massives de l'opposition. Le second tour de la présidentielle a été reporté sine die et Michel Martelly a achevé son mandat le 7 février sans remettre le pouvoir à son successeur.

Plongée dans l'instabilité politique, fragilisée par un taux d'inflation de 12 %, l'économie haïtienne est aussi mise en grande difficulté par la sécheresse.

«Une troisième année consécutive de sécheresse, aggravée en 2015 par le phénomène météorologique mondial El Niño, a doublé le nombre de personnes souffrant d'insécurité alimentaire sévère», a déclaré mardi le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM).

Sur 10 millions d'habitants, «quelque 3,6 millions d'Haïtiens souffrent de la faim, dont 1,5 million sont en situation d'insécurité alimentaire sévère», concluait le PAM après sa dernière évaluation de la sécurité alimentaire d'urgence.

Dans certaines régions, 70 % des récoltes ont été perdues en raison des trop faibles pluies. Et la dévaluation de la monnaie nationale, liée à l'instabilité politique, augmente dangereusement le coût des importations.

«Le budget des denrées alimentaires représente plus de 50 % du budget des familles et quand on a une telle pression inflationniste, sans offre alimentaire locale, c'est un véritable marasme», alerte l'économiste. «Mais les politiciens au pouvoir ou dans l'opposition ne comprennent pas ces défis et c'est pour cela que les tensions sociales sont si vives», analyse-t-il.

Le spectre d'une répétition des émeutes de la faim de 2008 inquiète au plus haut point les économistes.

«L'Observatoire sur la sécurité alimentaire nous dit que la situation est au rouge. On craint de revoir ce qui s'est passé en 2008, d'ailleurs c'est la première fois que nous avons des taux d'inflation aussi élevés qu'en 2008. Les signaux sont là», affirme Kesner Pharel. «On peut tout craindre, car nous n'avons aucune garantie de ce qui va se passer», s'inquiète-t-il.

Trente ans après la fin de la dictature des Duvalier, Haïti peine toujours à organiser des scrutins non contestés qui permettraient le développement du pays, dont 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

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