Haïti: faute de président élu, un gouvernement de transition

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Des manifestants ont marché dans les rues de Port-au-Prince pour faire connaître leur mécontentement envers le président Michel Martelly, le 4 février.

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Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Le président haïtien Michel Martelly, dont le mandat s'achevait samedi, et les présidents des deux chambres du Parlement ont signé un accord prévoyant l'installation d'un gouvernement transitoire dans l'attente du prochain scrutin présidentiel.

Cet accord politique, signé samedi matin quelques heures seulement avant la fin du mandat de Michel Martelly, permet au pays de sortir de l'incertitude dans laquelle il était plongé.

Le document de quatre pages signale l'élection par le Parlement d'un président provisoire, avec un mandat d'une durée maximale de 120 jours.

« Nous allons tenir dimanche matin une séance en Assemblée nationale pour prendre acte de la fin du mandat du président Martelly et demander au premier ministre et au gouvernement de rester en poste pour liquider les affaires courantes », a expliqué à l'AFP Jocelerme Privert, le président du Sénat. « L'élection du président intérimaire n'aura lieu que plus tard », a-t-il confié sans fournir de date pour ce vote parlementaire.

« La situation en Haïti est exceptionnelle et elle requérait une solution exceptionnelle, » a indiqué Ronald Sanders, le chef de mission spéciale de l'Organisation des États américains (OEA). « Nous sommes heureux que l'ensemble des acteurs se soit engagé en faveur de la démocratie, la paix et la stabilité dans ce contexte de vide constitutionnel créé par l'absence d'un Président élu pour remplacer M. Martelly ».

L'accord politique signé entre les pouvoirs exécutif et législatif indique la tenue du second tour de la présidentielle le 24 avril, et le nouveau président serait installé le 14 mai. Mais le président du Sénat rappelle qu'il ne s'agit là que d'une proposition de calendrier: « Il appartient au conseil électoral d'établir un calendrier électoral », a précisé Jocelerme Privert.

Évitant un vide du pouvoir, Haïti est désormais confrontée à la nécessité d'un accord parlementaire sur la nomination d'un chef de l'État et d'un premier ministre intérimaires.

La composition d'un nouveau Conseil électoral provisoire, suite aux démissions successives de six de ses neuf membres, ne va pas non plus manquer d'alimenter les débats au sein de la classe politique.

Le pays le plus pauvre des Caraïbes doit finalement aussi réussir à trouver l'argent pour l'organisation des scrutins à venir: le processus électoral, encore inachevé, a déjà coûté 100 millions de dollars, majoritairement financés par la communauté internationale.

Après le premier tour des élections tenu le 25 octobre, « une farce ridicule » selon le candidat Jude Célestin, le deuxième tour qui devait l'opposer le 27 décembre au candidat du pouvoir Jovenel Moïse a été reporté dans un premier temps au 24 janvier, avant d'être de nouveau reporté sine die.

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