Haïti: l'opposition réclame le départ immédiat du président Martelly

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Plusieurs milieurs de personnes sont descendues dans les rues de Port-au-Prince pour exiger le départ de Michel Martelly.

AFP, Hector Retamal

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Amelie BARON
Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Des milliers de personnes ont défilé samedi à Port-au-Prince pour réclamer le départ du président Michel Martelly, au lendemain du report du second tour de l'élection présidentielle pour «raisons de sécurité».

«Nous exigeons désormais le départ de Michel Martelly et (du premier ministre) Evans Paul et la formation d'un gouvernement de transition avant le 7 février pour faire aboutir le processus électoral en cours», a affirmé Assad Volcy, un responsable politique de l'opposition.

Le candidat à la présidentielle soutenu par le gouvernement, Jovenel Moïse, a quant à lui appelé à une «rapide» reprogrammation du second tour.

Il a estimé que «le peuple était prêt pour voter Jovenel Moïse en foule» lors du scrutin qui devait se dérouler dimanche, en même temps que des législatives partielles.

Vendredi, à moins de 48 heures de l'ouverture des bureaux de vote, le président du Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé le report des scrutins, sans qu'aucune date de remplacement ne soit formulée.

Le président du CEP a justifié ce report «pour des raisons évidentes de sécurité». Une douzaine de bureaux électoraux ont été incendiés ou attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi.

Au premier tour du scrutin présidentiel le 25 octobre, Jovenel Moïse avait recueilli 32,76 % des voix, contre 25,29 % pour Jude Célestin, qui avait qualifié ces scores de «farce ridicule».

L'opposition a multiplié les manifestations pour dénoncer «un coup d'État électoral» fomenté par le président Martelly. Jude Célestin, qui n'a pas fait campagne, refusait de participer au second tour.

Il s'agit du deuxième report des scrutins, qui devaient initialement être organisés le 27 décembre.

Violences

Les mobilisations contre le pouvoir en place qui ont rassemblé, vendredi et samedi, plusieurs milliers de personnes à Port-au-Prince se sont achevées par des incidents violents.

Une personne a été blessée par balle, trois voitures ont été incendiées et plusieurs vitrines de magasins brisées vendredi à proximité du siège du CEP.

Samedi, le cortège de l'opposition, qui multipliait les petites barricades de pneus enflammés sur son parcours, a essuyé quelques jets de pierres isolés. Les manifestants ont répliqué immédiatement par de nombreux jets de pierres et de bouteilles.

Arrivée sur la place du Champ de Mars, la foule a pris pour cible un marché. L'agent de sécurité protégeant le lieu a tiré à balles réelles en l'air à deux reprises, suscitant un regain de colère des manifestants, a constaté un journaliste de l'AFP.

La police, présente en nombre pour assurer la protection du palais présidentiel à quelques mètres de là, a ramené le calme et dispersé la foule en utilisant des camions lanceurs d'eau irritante.

Evel Fanfan, avocat de l'un des premiers partis d'opposition, justifie les violences qui ont plongé la capitale haïtienne dans la panique.

«Quelle est la plus grande violence quand un gouvernement a tenté de voler la volonté du peuple ? Quand un président de la République essaie de provoquer, d'humilier tout un peuple ? Quand la violence est le résultat de la violence pour la liberté, pour la démocratie, je dirais que c'est la bonne violence», a-t-il déclaré à l'AFP lors de la manifestation de samedi.

Inquiétude de la communauté internationale

Le chef de l'Etat Michel Martelly n'a fait aucune déclaration publique depuis l'annonce par le CEP de l'annulation des élections de dimanche. Une adresse présidentielle à la nation avait été annoncée pour vendredi soir, mais a été annulée sans explication.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon appelle la classe politique haïtienne à «travailler sans tarder à la conclusion du processus électoral de manière pacifique, en trouvant une solution consensuelle qui permettra au peuple d'Haïti d'exercer son droit de vote pour élire un nouveau président ainsi que les représentants restants du nouveau Parlement».

Appelant à «un dialogue raisonnable et consensuel», la mission d'observation électorale déployée en Haïti par l'Organisation des États américains (OEA) «condamne fermement tous les actes de violence, incluant ceux dirigés contre les observateurs de l'OEA durant leur déploiement».

L'Union européenne «regrette» aussi «la détérioration de l'environnement» et «souligne la nécessité de respecter les résultats électoraux du scrutin du 25 octobre 2015».

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