Présidentielle haïtienne: le candidat de l'opposition refuse de participer au second tour

«Pour le 24 c'est non, je n'irai pas... (PHOTO HECTOR RETAMAL, AFP)

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«Pour le 24 c'est non, je n'irai pas à cette farce, ça ne sera pas une élection, ça sera une sélection parce qu'il y aura un seul candidat», affirme Jude Célestin.

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Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Le candidat de l'opposition Jude Célestin a déclaré, lors d'une interview lundi à l'AFP, qu'il ne participera pas au second tour de la présidentielle prévu ce dimanche en Haïti, qualifiant le scrutin de «farce».

«Pour le 24 c'est non, je n'irai pas à cette farce, ça ne sera pas une élection, ça sera une sélection parce qu'il y aura un seul candidat», affirme Jude Célestin.

Au premier tour du scrutin présidentiel, le 25 octobre, Jude Célestin avait recueilli 25,29 % des voix, contre 32,76 % pour le candidat du pouvoir Jovenel Moïse.

Ce refus de participer au vote de dimanche n'a pour autant pas encore été officiellement signifié au conseil électoral provisoire (CEP), en charge de l'organisation du scrutin.

«J'ai encore le temps avant les élections de faire un retrait si je dois le faire», commente Jude Célestin. «Mais je suis sûr que, que je fasse ce retrait ou que je ne le fasse pas, les élections ne pourront pas avoir lieu avec un seul candidat», assure-t-il.

«Il faut être deux pour danser le tango et cette élection est à sens unique : c'est une sélection, un coup d'État électoral», ajoute-t-il.

Début novembre, le candidat de l'opposition avait déjà qualifié les résultats du premier tour de «farce ridicule».

Initialement prévu le 27 décembre, le second tour du scrutin présidentiel a été reporté au 24 janvier, le temps pour la commission indépendante d'évaluer le processus. Cette commission a indiqué dans son rapport que les élections tenues le 25 octobre étaient «entachées d'irrégularités».

S'il tacle le CEP, Jude Célestin dénonce par ailleurs «l'ingérence de la communauté internationale», qui a largement financé le budget de ces scrutins.

«Ces élections qui auront lieu le 24, ce sont des élections pour une certaine partie de la communauté internationale, des élections pour le gouvernement pour garantir une succession dans la dictature», déclare-t-il à l'AFP.

Face à son refus de faire campagne pour le second tour de la présidentielle prévu le 24 janvier, Jude Célestin a été approché par les diplomates étrangers basés en Haïti, mais le candidat de l'opposition a «l'impression qu'ils n'en ont rien à faire de ce que pense la population elle-même».

«C'est comme s'ils disaient "on décide et on fait avaler ça aux Haïtiens et puis c'est bon, c'est fini". Mais là nous avons dit non. J'ai dit non», affirme M. Célestin.

Lundi à Port-au-Prince, les opposants les plus radicaux au pouvoir en place ont bloqué plusieurs rues du centre-ville en réclamant la mise sur pied d'un gouvernement de transition qui aurait pour mission d'organiser de nouveaux scrutins.

«Le 24 janvier, il n'y aura pas d'élections. On aura nos machettes et des pierres en main. On dit à tout le monde : fermez vos portes et restez chez vous, car nous, on ne va pas participer à ces élections», a mis en garde la manifestante Betty Milou.

Face à cet extrême, Jude Célestin prône le calme et refuse l'idée d'une transition politique. «En toute démocratie, c'est un président élu qui remplace un président élu. Nous sommes clairs sur ce point», conclut-il.

Trente ans après la fin de la dictature des Duvalier, Haïti peine toujours à organiser des scrutins non contestés et qui suscitent l'engouement de la population.

Lors du premier tour de la présidentielle, à peine 26 % des électeurs s'étaient exprimés, preuve de la fracture entre la classe politique et la population, plongée dans l'extrême pauvreté.

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