Le principal chef d'entreprise du Venezuela accusé de «trahison»

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Des partisans du président vénézuélien brandissent une affiche qui indique «Lorenzo: Ne prend pas notre nourriture. Négocie avec tes employés».

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Agence France-Presse
Caracas

Les parlementaires vénézuéliens du Parti socialiste (PSUV) au pouvoir ont déposé plainte mercredi contre le principal chef d'entreprise du pays, Lorenzo Mendoza, accusé de «trahison à la patrie», ce qui pourrait lui valoir de nombreuses années de prison, a annoncé un des plaignants.

M. Mendoza, 50 ans, est également accusé d'«usurpation de fonctions» car, selon les plaignants, il aurait remplacé le gouvernement dans la négociation de possibles accords avec le Fonds monétaire international (FMI).

La plainte, déposée par 101 députés - sur les 167 que compte le Parlement monocaméral - accuse aussi l'homme d'affaires d'«association de malfaiteurs», a expliqué le parlementaire Pedro Carreño en présentant le document.

Selon un avocat pénaliste consulté par l'AFP, s'exprimant sous couvert d'anonymat, le délit de trahison à la patrie peut mener, dans les cas les plus graves, à des peines de 20 à 30 ans de prison.

Lorenzo Mendoza dirige les entreprises Polar, le plus grand producteur alimentaire du pays, et figure à la 690e position du classement mondial des personnes les plus riches établi par la revue Forbes, avec une fortune estimée à 2,7 milliards de dollars.

La plainte à son encontre se fonde sur un dialogue téléphonique qu'il aurait tenu avec l'économiste vénézuélien Ricardo Hausmann, diffusé le 14 octobre dernier dans une émission télévisée présentée par le président de l'Assemblée et numéro deux du PSUV, Diosdado Cabello.

Dans ce dialogue, M. Hausmann dit avoir été en discussions avec le FMI et estime que le pays, en grave crise économique, ne peut s'en sortir sans une aide internationale de 40 à 50 milliards de dollars, ce à quoi Lorenzo Mendoza acquiesce.

M. Mendoza, qui affirme que la conversation incriminée était privée et a été enregistrée de manière illégale, assure que les accusations sont «une tentative de manipuler l'opinion publique» dans un climat politique compliqué pour le parti au pouvoir, qui multiplie les offensives à l'encontre de ses opposants.

Alors que le mécontentement populaire grandit, notamment face à la grave pénurie des biens de première nécessité, l'opposition part en effet favorite pour les élections législatives du 6 décembre, une situation inédite depuis la première élection de Hugo Chavez en 1999, à qui a succédé Nicolas Maduro.

Selon la dernière enquête connue, réalisée par Datanalisis en mai, elle pourrait ravir la majorité parlementaire, avec 40,1% des suffrages contre seulement 21,3% pour le Parti socialiste.

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