Naufrage d'El Faro: les recherches sont abandonnées

Des étudiants de l'école maritime du Maine ont...

Agrandir

Des étudiants de l'école maritime du Maine ont organisé une vigile à la chandelle dans le village de Castine.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Diego URDANETA
Agence France-Presse
Miami

Sans trace de survivants, les secours américains ont mis fin mercredi soir à leurs recherches des 33 personnes qui se trouvaient à bord du cargo El Faro quand il a fait naufrage jeudi près des Bahamas, dans une mer démontée par l'ouragan Joaquin.

«Aujourd'hui 28 familles américaines - de la Floride jusqu'au Maine - et cinq familles polonaises sont dévastées», a relevé le président Barack Obama dans un communiqué en saluant l'équipage disparu.

«Qu'elles soient réconfortées d'une certaine manière en sachant qu'elles ont l'amour et le soutien de leurs voisins, du secteur de la marine marchande et du peuple américain», a ajouté le président.

Les gardes-côtes ont annoncé dans l'après-midi que les recherches allaient s'arrêter «au coucher du soleil».

Il s'agit d'une décision «douloureuse» car «nous cherchions des marins professionnels comme nous, (...) des membres de la famille élargie des gardes-côtes», a confié le chef des secours des gardes-côtes du 7e district, Mark Fedor, lors d'une conférence de presse à Jacksonville, en Floride, d'où était parti le navire. Un des gardes-côtes avait un frère sur le bateau.

Les secours ont fait «tout ce qu'ils ont pu dans ces recherches» et «tout le monde s'est mobilisé», a-t-il insisté. «J'espère que les familles en seront un peu apaisées».

Vingt-huit Américains et cinq Polonais se trouvaient à bord du cargo, un roulier qui transportait aussi plusieurs centaines de containers et automobiles.

«Nous sommes comme vous tous très tristes qu'aucun survivant n'ait été retrouvé», a déclaré lors de la même conférence de presse la vice-présidente de l'agence fédérale des accidents de transports (NTSB), Bella Dinh-Zarr, venue enquêter sur l'accident.

Le NTSB va travailler sur le terrain de sept à dix jours pour essayer notamment de retrouver le Voyage Data Recorder (VDR), équivalent de la boîte noire dans les avions, qui pourrait donner des informations sur ce qui s'est passé avant le naufrage. Une fois dans l'eau, cet appareil envoie des signaux pendant 30 jours environ.

Sécurité en mer 

La société propriétaire du bateau, Tote Maritime, a affirmé qu'elle traversait les «jours les plus noirs» de son histoire et qu'elle avait appris la fin des recherches avec «le coeur lourd».

Le cargo El Faro.... (PHOTO ARCHIVES REUTERS) - image 2.0

Agrandir

Le cargo El Faro.

PHOTO ARCHIVES REUTERS

«Il est crucial désormais que nous comprenions ce qui a provoqué cet accident», a ajouté Tote dans un communiqué.

Le président Obama a estimé que «les familles en deuil méritent des réponses» et que «nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sécurité de nos habitants, y compris ceux qui travaillent en mer».

Les recherches sont restées intenses mercredi par air et par mer, mais les gardes-côtes avaient prévenu la veille que les chances de retrouver des survivants s'amenuisaient d'heure en heure.

Les secours ont passé au peigne fin une zone de 183 000 miles nautiques carrés - plus grande que la Californie - autour de l'endroit où le navire a coulé jeudi matin, retrouvant débris, bouées, combinaison de survie ou canot de sauvetage endommagé, mais aucun signe de vie, ont précisé les gardes-côtes dans un communiqué où ils ont publié les noms des 33 victimes.

Ils n'ont repêché la dépouille que d'une seule personne dans une combinaison de survie mais elle n'a pas pu être identifiée.

Le navire de 225 mètres de longueur, qui se dirigeait vers San Juan (Porto Rico), n'a plus donné signe de vie lorsqu'il se trouvait près de Crooked Island, dans les Bahamas.

Selon les gardes-côtes, le cargo a coulé «là où il a dit se trouver jeudi», quand il a signalé une perte de propulsion et une entrée d'eau, alors maîtrisée. Il faisait alors état d'une gîte de 15 degrés.

Les combinaisons de survie, dans des conditions de mer «chaude», permettent de tenir quatre à cinq jours, selon les gardes-côtes, qui misaient aussi sur le fait que les marins du cargo étaient des personnes «entraînées».

Mais les «conditions de survie sont particulièrement difficiles» dans une mer démontée par l'ouragan Joaquin, des vagues de 15 mètres, des vents jusqu'à 225 km/h et une visibilité proche de zéro, avaient-ils reconnu.

L'ouragan Joaquin s'était hissé la semaine dernière jusqu'à la catégorie 4 sur une échelle de 5. Il a été rétrogradé mercredi en tempête tropicale se déplaçant vers l'Atlantique Nord, selon le Centre national des ouragans (NHC).

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer