L'expulsion d'Haïtiens de République dominicaine «doit stopper»

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Si les autorités dominicaines procèdent quotidiennement à l'expulsion de quelques dizaines d'Haïtiens, davantage de familles en situation irrégulière fuient d'elles-même le pays.

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Agence France-Presse
Port-au-Prince

L'expert indépendant des Nations unies pour les droits de l'homme en Haïti a appelé mardi la République dominicaine à cesser les expulsions de personnes d'origine haïtienne tant que les deux pays de l'île d'Hispaniola n'adopteront pas une politique commune sur leur sort.

«Il faut organiser une politique pour (...) recevoir ces gens de façon à ce que leurs droits soient respectés, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent», a dénoncé Gustavo Gallon en conférence de presse à Port-au-Prince, estimant «qu'il faut stopper» les expulsions.

Les relations entre les deux pays de l'île d'Hispaniola se sont détériorées après un changement de la politique migratoire de la République dominicaine en octobre 2013.

Un arrêté de sa plus haute juridiction a alors établi que «les enfants nés dans le pays de parents étrangers en transit n'ont pas la nationalité dominicaine». Une décision rétroactive qui a d'abord affecté quelque 250 000 personnes, principalement nées de parents haïtiens.

Face aux protestations internationales, le gouvernement dominicain a toutefois lancé un plan de régularisation mais des milliers de personnes n'ont pu faire les démarches avant la date limite, le 17 juin, et sont aujourd'hui menacées d'expulsion vers Haïti.

Si les autorités dominicaines procèdent quotidiennement à l'expulsion de quelques dizaines d'Haïtiens, davantage de familles en situation irrégulière fuient d'elles-même le pays. Certaines d'entre elles se massent dans des camps de fortune à Haïti.

«Je ne sais pas comment ces gens survivent: ils n'ont pas d'eau, pas de nourriture et sont sous des tentes en carton», s'est inquiété l'expert à son retour d'Anse-à-Pitres, une commune haïtienne où près de 2500 personnes sont installées depuis un mois.

«Le camp que j'ai visité avait deux latrines pour environ 500 personnes. Il n'y a pas de service de santé et la majorité des personnes n'ont pas de documents d'identité», a raconté Gustavo Gallon.

«C'est une situation de carence absolue», a ajouté l'expert, n'hésitant pas à comparer ces conditions de survie à celles connues par les victimes du tremblement de terre de 2010.

Face à cette crise, Gustavo Gallon, nommé en 2013 expert indépendant sur la question des droit de l'homme en Haïti, appelle les autorités du pays à prendre «des mesures urgentes pour la vie de ces personnes».

«Je fais un appel, en tant que citoyen du monde, aux autorités dominicaines de respecter et de protéger les droits des personnes haïtiennes et d'origine haïtienne», a également ajouté l'avocat colombien.

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