Les Cubains espèrent voir davantage leurs proches

Un vélotaxi à La Havane arbore un drapeau... (Photo Stringer, Reuters)

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Un vélotaxi à La Havane arbore un drapeau américain.

Photo Stringer, Reuters

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Diego URDANETA
Agence France-Presse
Miami

Télévisions grand écran, sacs débordants de denrées non périssables et même pneus de voiture: les passagers du vol Miami-La Havane offrent un spectacle des plus inhabituels dans un terminal d'aéroport.

Ils emportent aussi de grandes et lourdes valises remplies de produits que leur famille restée sur l'île communiste des Caraïbes ne peut trouver ou n'a pas les moyens d'acheter.

Les Cubains retournant sur leurs terres d'origine espèrent qu'il sera plus facile et moins cher d'aider leurs familles grâce à la réouverture lundi d'ambassades à La Havane et Washington qui formalise le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

«À partir du moment où il y a des relations, ça va être mieux pour les gens», estime Ernesto Rodriguez, 47 ans, un émigré cubain qui attend d'être enregistré pour le vol de 45 minutes.

Venu aux États-Unis il y a douze ans pour tenter sa chance, il se rend à Cuba une fois tous les deux ans et emporte tout ce qu'il peut. Cette fois, sa valise est bourrée de vêtements pour son fils de 23 ans.

Après 50 ans d'hostilité, il espère que le réchauffement américano-cubain va lui permettre de se rendre sur son île natale plus souvent.

Billets d'avion onéreux

À ses côtés, tous les passagers de ce vol nolisé, l'un des nombreux reliant chaque jour Miami à Cuba, traînent des valises volumineuses.

Mais le coût de ces vols, que les Cubano-Américains peuvent emprunter sans restrictions et qui sont les seuls à relier les deux pays en direct, est critiqué.

Le billet aller-retour revient à environ 500 dollars pour un vol de moins d'une heure. En comparaison, le billet Miami-New York JFK, qui dure trois heures, peut ne coûter que 200 dollars.

Le feu vert des États-Unis au transport de passagers par transbordeur entre les deux pays, qui pourrait commencer dès cet automne, devrait changer la donne, tout comme les vols supplémentaires annoncés.

«Les tarifs sont élevés. C'est sûr qu'ils vont baisser quand il y aura davantage d'options», relève M. Rodriguez.

Javier Rodriguez, un autre passager cubain, espère que ce réchauffement permettra à davantage de Cubains de retourner rendre visite à leur famille.

Cet homme de 50 ans s'attend également à ce que les Américains, qui ne peuvent pour l'instant se rendre à Cuba en tant que touristes, partent en nombre sur l'île. Mais pour cela, ils devront faire partie de l'une des douze catégories autorisées (visites de famille, journalistes, activités religieuses, humanitaires, éducation...).

La hausse des visiteurs, «c'est sûr que la population va en bénéficier. Le gouvernement en bénéficie, mais aussi les Cubains au quotidien», note-t-il.

Arrivé aux États-Unis il y a environ deux ans, c'est la première fois qu'il rentre dans son pays avec son épouse et sa fille adolescente pour voir des proches.

«Il y a beaucoup de contacts entre les touristes et la population cubaine. D'une façon ou d'une autre, elle en profitera», souligne cet habitant de Miami, où réside près de la moitié des deux millions de Cubains vivant aux États-Unis.

Méfiance

Mais tout le monde ne partage pas ces espérances.

Un peu plus loin dans la file d'attente, Luis pense que la restauration des relations n'aura aucun impact. «Bien sûr que non», affirme-t-il, refusant d'approfondir et de donner son nom de famille par peur de représailles pendant son séjour à Cuba.

Après un demi-siècle d'animosité et de suspicion, de nombreux Cubano-Américains sont méfiants. Beaucoup de ceux patientant à l'enregistrement du vol pour La Havane refusent ainsi de parler avec l'AFP.

Des Cubains ayant fait le voyage dans l'autre direction pour voir des proches habitant aux États-Unis font, eux, preuve d'optimisme.

«De nombreux Cubains ici qui ne sont jamais allés à Cuba jusqu'à présent vont probablement vouloir y aller», surtout si les billets d'avion sont plus abordables, déclare Ana Maria Urizarri, une professeure retraitée de 72 ans. Elle rentre dans son pays après deux mois aux États-Unis chez sa soeur.

«Cuba a toujours été un paradis», poursuit-elle, considérant que le fait que davantage d'Américains s'y rendent va apporter la prospérité.

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