En Équateur, le pape lance un SOS pour l'environnement

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Le souverain pontife qui effectue depuis dimanche une tournée de huit jours en Amérique du Sud a estimé que «le soin et la protection» de l'environnement s'imposaient.

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Santiago PIEDRA SILVA, Kelly VELASQUEZ
Agence France-Presse
QUITO

Le pape François a lancé mardi en Équateur un appel pressant à ne plus «tourner le dos» à «notre mère la Terre», invoquant pour la première fois son encyclique sur l'environnement.

«Une chose est sûre, nous ne pouvons pas continuer à tourner le dos à notre réalité, à nos frères, à notre mère la Terre», a déclaré François lors d'une réunion avec des enseignants et des étudiants dans le nord de Quito.

Lors de son discours prononcé devant plusieurs milliers d'invités, le premier pape latino-américain de l'Histoire, qui effectue depuis dimanche une tournée de huit jours en Amérique du Sud, a invoqué des passages de son encyclique consacrée à l'environnement, «Laudato si'« («Loué sois-tu»), publiée le 18 juin.

«Cette Terre nous l'avons reçue comme un héritage, comme un don, comme un cadeau. Nous ferions bien de nous demander : dans quel état voulons-nous la laisser ?» a-t-il exposé.

Lors d'une rencontre ultérieure avec des groupes de la société civile, notamment des indigènes opposés à l'extraction pétrolière, il a appelé à préserver l'Amazonie et estimé que son «énorme biodiversité» méritait un «soin particulier».

Il a également plaidé en faveur d'un exploitation responsable des ressources.

«L'exploitation des ressources naturelles, si abondantes en Équateur, ne doit pas viser un bénéfice immédiat. Être gestionnaires de cette richesse, que nous avons reçue, nous engage vis-à-vis de la société dans son ensemble et des générations futures, auxquelles nous ne pourrons pas léguer ce patrimoine sans porter un soin approprié à l'environnement.»

Le pape s'est par ailleurs ému du fait qu'«un pauvre qui meurt de froid et de faim n'est pas considéré aujourd'hui comme une information, mais si les bourses des principales capitales du monde baissent de 2 ou 3% ça fait un scandale mondial».

Le pape a évoqué le cas d'un homme âgé, trouvé mort près du Vatican cet hiver, et dont «aucun journal» n'a parlé.

Lutter contre «la tentation de diriger seul»

Plus tôt mardi, François avait prôné le dialogue en Équateur, devant quelque 900.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, venus assister, malgré le froid et la pluie, à sa messe en plein air dans le parc Bicentenario de Quito.

Alors que le pays est en proie aux manifestations exigeant le départ du président socialiste Rafael Correa, le souverain pontife a fait une allusion directe au mouvement de protestation de l'opposition, appelant à promouvoir «le dialogue» et à «lutter pour l'inclusion à tous les niveaux».

Durant son homélie de près de deux heures, le pape a appelé à lancer «une révolution» pour évangéliser l'Amérique, «un cri» pour «guérir les blessures» et «construire des ponts», dénonçant la tentation des «dictatures, idéologies et sectarismes», la tentation de «diriger seul».

Vêtu d'une chasuble noire et blanche fabriquée par des indigènes, il a fait référence à lutte pour l'indépendance des pays latino-américains : «Ce cri de liberté qui a jailli il y a un peu plus de 200 ans ne manquait ni de conviction ni de force, mais l'Histoire nous dit qu'il n'a été efficace que quand il a laissé de côté les (ambitions) personnelles, la soif de diriger seul.»

Ses paroles en Équateur surviennent à un moment de crispation politique autour de la figure du président Correa, qui se présente comme un «catholique humaniste de gauche».

Elles ont été perçues chez une partie du public comme un appel direct au dirigeant équatorien, admirateur déclaré du pape François.

«Indirectement, il a dit au président de prendre en compte le fait qu'il y a des gens qui n'ont pas les mêmes idées. Il lui demande de changer certaines choses avec lesquelles les gens ne sont pas d'accord», a estimé auprès de l'AFP Felipe Lascano, étudiant de 22 ans.

Le président fait face depuis un mois à l'un des plus forts mouvements de protestation depuis son arrivée au pouvoir en 2007, avec des manifestations d'opposants à sa politique, notamment son projet, finalement repoussé, de taxer davantage les héritages des personnes fortunées et les plus-values.

Le pape François quitte mercredi l'Équateur pour la Bolivie, où il restera jusqu'à vendredi, avant d'aller au Paraguay jusqu'à dimanche.

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