Kirchner veut perpétuer son emprise sur l'Argentine

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Alexandre PEYRILLE
Agence France-Presse
Buenos Aires

La présidente argentine Cristina Kirchner, dont le mandat s'achève en décembre, a désigné son dauphin en plaçant son bras droit comme candidat à la vice-présidence dans le ticket favori des sondages, marquant sa volonté de maintenir son influence après son départ.

Le choix de Carlos Zannini, plus proche collaborateur de Nestor Kirchner (2003-2007) puis de Cristina Kirchner (2007-2015), «confirme la stratégie de la présidente de conserver le pouvoir, probablement avec l'intention de revenir (en 2019)», considère le politologue Rosendo Fraga.Daniel Scioli, 57 ans, gouverneur de la province-clé de Buenos Aires (près de 40% de l'électorat national), cherchait à rallier à sa candidature les forces kirchnéristes dont il s'était distancé, afin d'incarner «un changement dans la continuité».

Cristina Kirchner a gouverné durant deux mandats, menant une politique économique critiquée par les marchés et se situant diplomatiquement dans la sphère bolivarienne (Venezuela, Cuba, Equateur), rompant avec un alignement sur Washington dans les années 1990.

Fortement critiquée par l'opposition, elle affiche un taux de popularité (40%) plutôt élevé pour une fin de mandat. Elle ne pouvait pas postuler pour un 3e mandat consécutif, selon la Constitution.

«Le kirchnérisme n'est pas un phénomène qui se dilue en décembre», prévient Edgardo Mocca, politologue de l'Université de Buenos Aires. «Si Scioli gagne, Kirchner conservera une influence à travers Zannini, des parlementaires et des organisations militantes».

En nommant Zannini, «elle indique quel candidat elle soutiendra» lors de l'élection présidentielle du 25 octobre 2015, alors que jusqu'ici elle avait soutenu son ministre des Transports, Florencio Randazzo, peu à son avantage dans les enquêtes d'opinion.

Le principal rival de Daniel Scioli sera le maire de Buenos Aires Mauricio Macri, un homme d'affaires de 56 ans, ancien président du club de football de Boca Juniors.

- Zannini, ex-maoïste -

Pour Rosendo Fraga, le clan Kirchner veut se cramponner au pouvoir. «Ce n'est pas une surprise. Souvenons-nous de la phrase de Maximo Kirchner (fils de Nestor et Cristina Kirchner) : +Si nous perdons l'élection, nous remettons le pouvoir, alors ne rendons pas le pouvoir».

Le ticket Scioli-Zannini est, poursuit M. Fraga, «la stratégie la plus efficace, probablement, pour gagner l'élection».

Pour l'ancien président de la Banque centrale d'Argentine Aldo Pignanelli, «les marchés vont lire que (la nomination de Zannini) est une continuité».

Daniel Scioli a cependant affiché voici quelques mois sa volonté de rompre avec la politique économique protectionniste (contrôle des changes, limitation et barrières douanières aux importations) en annonçant une équipe économique composée des économistes pro-marchés Miguel Bein et Mario Blejer, critiques de la politique de Mme Kirchner.

Depuis la crise économique de 2001, l'Argentine a remboursé sa dette ou scellé des échéanciers avec 93% des créanciers moyennant une décote de 70% mais elle est actuellement opposée à des fonds «vautours», détenteurs de 7% des de la dette privée, qui ont refusé les restructurations de dette de 2005 et 2010.

Carlos Zannini, 60 ans, est surnommé El Chino (le Chinois) pour son passé de militant maoïste. Incarcéré durant quatre ans pendant la dictature militaire (1976-1983), il est un vieux compagnon de route de Nestor Kirchner, décédé en 2010, et s'exprime rarement en public.

Au cours des 12 dernières année, il a été, dans l'ombre, un des piliers du pouvoir, participant à toutes les prises de décision importantes.

Sauf changement radical dans le panorama politique, Daniel Scioli, ex-vice-président de Nestor Kirchner, sera investi lors des primaires du 9 août par la coalition au pouvoir depuis 2003, et se profile comme le grand favori.

«Avec Zannini, le N.2 du kirchnérisme, le Front pour la victoire prend une nouvelle dimension, un haut niveau de compétitivité. C'est la première force électorale, et elle peut gagner dès le premier tour», avertit le politologue Edgardo Mocca.

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