«El Bronco», premier gouverneur indépendant de l'histoire du Mexique

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Cet ingénieur agronome propriétaire d'un ranch, souvent coiffé d'un chapeau de cow-boy et passionné de baseball, a largement devancé les candidats des partis traditionnels dans le riche État industriel du Nuevo León (nord), à l'issue d'un scrutin qui a permis d'élire neuf gouverneurs, 500 députés et 900 conseils municipaux.

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Sofia MISELEM
Agence France-Presse
MONTERREY

Personnage haut en couleur, Jaime Rodriguez, alias «El Bronco», a créé la surprise au Mexique en devenant le premier candidat indépendant élu à un poste de gouverneur lors des élections locales de dimanche, selon des résultats officiels.

Cet ingénieur agronome propriétaire d'un ranch, souvent coiffé d'un chapeau de cow-boy et passionné de baseball, a largement devancé les candidats des partis traditionnels dans le riche État industriel du Nuevo León (nord), à l'issue d'un scrutin qui a permis d'élire neuf gouverneurs, 500 députés et 900 conseils municipaux.

«Nous allons commencer la seconde révolution mexicaine ici», a lancé M. Rodriguez, 57 ans, à ses partisans réunis à Monterrey dans la soirée. Il a remporté près de 49 % des voix, loin devant la candidate du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), formation du président Enrique Peña Nieto, qui n'obtient que 23,6 % des votes du Nuevo León.

Ancien du PRI

Cet ancien maire connaît bien les arcanes de la politique pour avoir milité pendant trois décennies au PRI et il a su capitaliser sur le mécontentement des Mexicains envers le système, tout en mettant à profit une réforme qui depuis l'an dernier autorise les candidatures indépendantes.

Connu pour un franc-parler qui lui a valu son surnom, «El Bronco» («la grande gueule») avait claqué la porte du PRI en octobre après avoir échoué à obtenir l'investiture et s'est positionné durant toute la campagne comme le champion de l'anti-système, se disant déterminé à combattre la corruption.

«L'État du Nuevo León n'est pas mauvais. Ce qui est mauvais, ce sont ses dirigeants corrompus», affirmait-il dans une récente interview, truffée d'expressions populaires et de formules percutantes.

Usant des réseaux sociaux pour renforcer son image de candidat alternatif, Jaime Rodriguez assure avoir dépensé bien moins que les trois millions de dollars prévus pour les campagnes indépendantes.

Son élection «est l'un des plus importants résultats de ce scrutin, car cela aura des répercussions politiques à long terme», estime Luis Carlos Ugalde, ancien président de l'Institut électoral national (INE), soulignant que «cette victoire est un défi pour les partis traditionnels».

Cible des narcotrafiquants

Mais certains soulignent que le nouveau gouverneur est un pur produit de la formation au pouvoir.

«Il n'a pas pu obtenir l'investiture du parti, alors il s'est lancé comme candidat indépendant», explique José Antonio Crespo, expert politique au Centre de recherches et d'enseignement économiques (CIDE).

«El Bronco» a gagné sa popularité à la mairie de Garcia, banlieue de Monterrey, où entre 2009 et 2012 il a dû affronter un cartel de narcotrafiquants ultra-violents, les Zetas.

Après avoir échappé à deux tentatives d'assassinat, M. Rodriguez a aussi vécu l'enlèvement de sa fille âgée de deux ans et la mort d'un de ses fils, dans des circonstances suspectes.

Marié trois fois, sa vie privée a fait polémique durant la campagne, une de ses ex-épouses l'accusant de violences conjugales, ce qu'il a rejeté avec véhémence.

L'ex-président Felipe Calderón (2006-2012), du Parti action nationale (PAN, cosnervateur), l'a pour sa part comparé au défunt dirigeant vénézuélien Hugo Chavez, affirmant qu'il pourrait finir lui aussi par créer un «gouvernement autoritaire». M. Rodriguez a ironisé en rétorquant que l'ancien chef de l'État avait «probablement bu».

Pour certains analystes, cette première victoire n'est qu'une étape pour «El Bronco», qui vise déjà l'élection présidentielle de 2018.

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