Mexique: élections sur fond de contestations dans certains États

Des manifestants et des parents des 43 étudiants... (Photo Rebecca Blackwell, AP)

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Des manifestants et des parents des 43 étudiants probablement assassinés l'an dernier par un cartel lié au pouvoir local se sont emparés de matériel électoral à Tixtla et l'ont brûlé, empêchant ainsi l'ouverture d'au moins trois bureaux de vote.

Photo Rebecca Blackwell, AP

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Leticia PINEDA
Agence France-Presse
CHILPANCINGO

Des manifestants ont brûlé des urnes électorales et bloqué plusieurs bureaux de vote dimanche perturbant les élections législatives et locales dans plusieurs États du sud du Mexique.

Les incidents se sont déroulés dans les États d'Oaxaca et du Guerrero, malgré le déploiement par le gouvernement fédéral d'importants effectifs militaires et policiers.

Parmi les manifestants figurent des enseignants radicaux, mobilisés contre une réforme de l'Éducation, et les parents des 43 étudiants disparus l'an dernier, qui dénoncent la collusion entre hommes politiques et narcotrafiquants.

À Tixtla, dans le Guerrero, les parents des jeunes probablement assassinés par un cartel de la drogue en relation avec le pouvoir local ont perturbé l'ouverture des bureaux de vote et incendié du matériel électoral dans plus de la moitié des bureaux. Les autorités locales ont dans un premier temps annoncé l'annulation de l'élection dans cette ville de 40 000 habitants avant d'indiquer que les voix seraient finalement comptées et la justice, saisie, pour se prononcer sur sa validité ou non. Soutenus par des étudiants masqués, les parents et proches des étudiants disparus ont affronté des résidants locaux qui défendaient les bureaux de vote, armés de bâtons et de pierres, tandis que des hélicoptères de la police survolaient la zone sans intervenir au sol.

«Tant qu'ils ne nous rendent pas nos fils, il n'y aura pas d'élections», selon le père d'un des disparus, qui refuse toujours de croire à la mort de ces 43 étudiants.

De son côté, le syndicat des enseignants (CNTE) réclame le retrait de la réforme de l'éducation, un projet phare du président Peña Nieto. Dans l'État d'Oaxaca, bastion de ce syndicat, les enseignants radicaux ont incendié dimanche matin une vingtaine d'urnes électorales dans plusieurs bureaux de vote, ainsi qu'un bus, abandonné en travers d'une autoroute.

À Huantla de Jimenez, ces enseignants ont dressé des barricades à l'aide de pierres et de troncs d'arbres pour empêcher l'accès aux forces de l'ordre, selon la police locale.

«La probabilité que la violence puisse jouer un rôle dans le déroulement de l'élection, en limitant le vote ou en affectant les résultats, atteint un niveau sans précédent dans l'histoire de la démocratie mexicaine,» estime Javier Oliva, expert en sécurité de l'Université autonome de Mexico.

Déposant son bulletin dans l'urne, dans un bureau de vote de Mexico, le président Peña Nieto a reconnu qu'il y avait des «incidents isolés» mais s'est dit «plutôt satisfait de savoir que la grande majorité des bureaux de vote avaient pu être installés».

Candidats assassinés

Ces incidents violents interviennent au terme d'une campagne électorale au cours de laquelle au moins quatre candidats ont été assassinés, dont trois dans les États de Guerrero et Michoacan, en proie aux narcotrafiquants.

À Xolapa, au nord d'Acapulco, au moins dix personnes ont été tuées samedi lors d'affrontements entre membres d'une même milice d'autodéfense, sans doute pour le contrôle d'un territoire, selon les autorités locales.

Durant la semaine, plusieurs sièges de partis traditionnels avaient été saccagés et l'accès à des dépôts de carburant bloqué, provoquant temporairement des pénuries dans les stations service avant l'intervention des forces de l'ordre.

Malgré ces incidents, les autorités ont exprimé leur confiance quant au bon déroulement du scrutin qui va permettre d'élire 500 députés, neuf gouverneurs et environ 900 maires.

Ces élections constituent un test à mi-mandat pour le président Nieto et son parti, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui devrait emporter la majorité simple, en dépit de ces violences et des scandales politiques qui ont émaillé son mandat.

Profitant du rejet des partis traditionnels, un candidat dans l'État industriel de Nuevo Leon pourrait toutefois créer la surprise: Jaime «El Bronco» Rodriguez, qui a rompu avec le PRI, est donné favori dans les sondages. Il pourrait décrocher le premier siège de gouverneur indépendant de l'histoire du Mexique.

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