Colombie: accord FARC-gouvernement pour une Commission de la Vérité après la paix

Les négociations se déroulent sans cessez-le-feu bilatéral, une... (PHOTO YAMIL LAGE, AFP)

Agrandir

Les négociations se déroulent sans cessez-le-feu bilatéral, une option rejetée par le président Juan Manuel Santos, opposé jusqu'ici à tout armistice avant la signature d'un accord de paix définitif.

PHOTO YAMIL LAGE, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
LA HAVANE

Le gouvernement de la Colombie et la guérilla des FARC ont annoncé jeudi qu'une Commission de la Vérité sur le conflit colombien serait mise en place en cas de signature d'un accord de paix à l'issue des discussions en cours depuis deux ans et demi à La Havane.

«Nous sommes parvenus à un accord pour la mise en place, après la signature d'un accord (de paix) final, d'une ''Commission pour la Vérité, la Cohabitation et la Non-répétition'', qui sera un organisme indépendant et impartial de caractère extrajudiciaire», a indiqué un communiqué conjoint lu devant la presse par le diplomate cubain Rodolfo Benitez, dont le pays est, avec la Norvège, garant du processus de paix colombien.

Dans ce cadre, les parties «s'engagent à contribuer (...) à la découverte de la vérité sur tout ce qui s'est passé pendant le conflit, y compris les graves violations des droits de l'homme et les atteintes au droit humanitaire international», indique le texte.

Toutefois, précisent le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), «ses activités n'auront aucun caractère judiciaire et ne pourront impliquer des poursuites pénales pour ceux qui comparaîtront devant elle».

De même, «l'information que recevra ou produira la Commission ne pourra être transmise aux autorités judiciaires pour être utilisée afin de déterminer des responsabilités lors de processus judiciaires ou pour servir de preuve».

Les parties ne font en revanche pas mention d'une éventuelle amnistie pour les témoins de la Commission auteurs d'exactions, comme cela avait par exemple été le cas -sous certaines conditions- en Afrique du Sud.

Mercredi, les FARC avaient affirmé à La Havane que le processus de paix ne devait en aucun cas de convertir en «procès», assurant qu'aucun de ses membres n'irait en prison pour avoir exercé «son droit» à prendre les armes contre le gouvernement.

La création de cette Commission Vérité avait été proposée pour la première fois par la guérilla en août 2013, après que les belligérants eurent reconnu leur responsabilité dans les dommages infligés à des victimes étrangères à ce conflit qui a fait plus de 220 000 morts et quelque six millions de déplacés depuis plus d'un demi-siècle.

Le gouvernement avait attendu mars 2014 pour donner son accord, tout en conditionnant la mise en place d'une telle Commission à la signature d'un accord de paix final.

La Commission colombienne devra siéger pendant une période de trois ans, après une préparation de six mois. Elle sera composée de 11 membres choisis par un comité qui sera nommé par les parties.

Issue en 1964 d'une insurrection paysanne, la guérilla marxiste des FARC compte encore près de 8000 combattants repliés dans les régions rurales, selon les autorités.

Elle participe depuis novembre 2012 à des pourparlers de paix avec le gouvernement délocalisés à Cuba, en vue de mettre fin au plus vieux conflit d'Amérique latine.

Les négociations se déroulent sans cessez-le-feu bilatéral, une option rejetée par le président Juan Manuel Santos, opposé jusqu'ici à tout armistice avant la signature d'un accord de paix définitif.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer