L'ONU critique Mexico pour son incapacité à évaluer le nombre de disparus

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En septembre à Iguala, dans l'État du Guerrero, 43 étudiants ont disparu après avoir été attaqués par des policiers locaux, à l'instigation probable du maire de la ville, puis livrés au cartel local des Guerreros Unidos.

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Agence France-Presse
GENÈVE

Un Comité des Nations unies sur les disparitions forcées a critiqué vendredi à Genève l'incapacité du Mexique à déterminer le nombre de personnes disparues sur son territoire, ce qui a bloqué les efforts pour les retrouver et juger les criminels.

Le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées a demandé au Mexique de fournir des chiffres précis sur les milliers de personnes probablement disparues, incluant les 43 étudiants enlevés dans le sud du Mexique en septembre.

«Le comité note avec inquiétude le manque d'informations fiables sur le nombre de personnes victimes d'enlèvements», indique le comité.

«Si le parti au pouvoir ignore le nombre de personnes disparues, il est alors très difficile d'établir des stratégies pour retrouver ces personnes et poursuivre les coupables», a souligné devant les journalistes, Luciano Herzon, un des membres du comité.

«Le gouvernement a fourni des chiffres extrêmement disparates au cours des dernières années», déplore M. Herzon. Certains officiels ont évoqué le chiffre de plus de 22 000 disparus depuis la décision du gouvernement en 2006 de recourir à l'armée pour lutter contre les cartels de la drogue.

Si les disparitions forcées se comptent par milliers, seules «six personnes» ont été traduites en justice et jugées pour leurs crimes, indique un autre membre du comité, Rainer Huhle, soulignant l'impunité dont bénéficient les criminels.

Le comité lance un appel au gouvernement mexicain concernant les disparitions de migrants, lui demandant «de redoubler d'efforts» pour retrouver ces personnes en renforçant la coopération avec leur pays d'origine, leurs proches et la société civile.

Selon M. Huhle, la proposition mexicaine de mettre en place une base de données avec les pays voisins est un «signal positif».

Le comité appelle également les autorités à mettre en place un système permettant de déclencher rapidement des recherches lorsqu'une disparition est signalée et, en cas de décès, pour rendre la dépouille de la victime à sa famille.

En septembre à Iguala, dans l'État du Guerrero, 43 étudiants ont disparu après avoir été attaqués par des policiers locaux, à l'instigation probable du maire de la ville, puis livrés au cartel local des Guerreros Unidos. Des ONG des droits de l'homme ont récemment critiqué l'attitude des autorités qui ont conclu à l'assassinat des étudiants, alors que seuls les restes humains de l'un d'entre eux ont jusqu'alors pu être identifiés. De leur côté, les parents des étudiants réclament que l'enquête se poursuive.

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