Quatre ex-militaires argentins condamnés pour crimes contre l'humanité

Des photos d'Argentins disparus durant la dictature de... (PHOTO DANIEL GARCIA, ARCHIVES REUTERS)

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Des photos d'Argentins disparus durant la dictature de 1976-1983.

PHOTO DANIEL GARCIA, ARCHIVES REUTERS

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Agence France-Presse
BUENOS AIRES

Quatre ex-militaires argentins ont été condamnés jeudi à la prison à la perpétuité pour crimes contre l'humanité durant la dictature (1976-1983), convaincus d'avoir fait 204 victimes, dont deux Français et une Allemande, dans un centre de détention.

Un tribunal de Buenos Aires les a déclarés coupables d'avoir commis «des délits de privation illégitime de la liberté, torture, viol et homicide» contre 204 victimes dans le centre clandestin de détention connu comme «Le Vésuve», au sud-ouest de la capitale.

Les condamnés, des militaires à la retraite, sont Federico Minicucci, 82 ans, Jorge Crespi, 80 ans, Gustavo Cacivio, 71 ans, et Néstor Cendon, 66 ans.

Parmi leurs victimes se trouvaient Françoise Dauthier et Juan Soler, deux des 18 Français disparus sous la dictature argentine, ainsi que l'Allemande Elizabeth Käsemann, selon le jugement publié par le Centre d'information judiciaire (CIJ).

Françoise Dauthier, née en 1946, avait été emmenée de sa maison, dans le sud de Buenos Aires, jusqu'au centre de détention avec deux de ses filles, Natalia et Clarisa Martinez, âgées respectivement de 18 mois et trois ans. Les deux fillettes avaient été remises un mois plus tard à leurs grands-parents.

Juan Soler, ancien prêtre et ouvrier de la construction de père français, avait 42 ans quand il avait été enlevé à son domicile en avril 1977, avec sa mère argentine, Graciela Moreno.

Enfin, Elizabeth Käsemann, une sociologue de 30 ans née à Gelsenkirchen et fille du professeur d'université et théologue luthérien Ernst Käsemann, a été enlevée en 1977. Elle a été ensuite portée disparue pendant huit semaines avant que son cadavre criblé de balles soit retrouvé sur un terrain vague, aux côtés de 15 autres prisonniers.

Quelque 2500 personnes ont été détenues au Vésuve entre 1976 et 1978, quand le centre de détention a été détruit, en prévision d'une visite imminente d'une délégation de la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

Lors d'un précédent procès en 2011, un ex-général et un ex-colonel avaient eux aussi été condamnés à la prison à perpétuité pour des crimes commis au sein du Vésuve, dont le chef, le colonel Pedro Duran Saenz, est décédé en cours de procès.

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