Le monde salue le rapprochement entre Washington et La Havane

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Sur l'île, la joie et l'espoir étaient sur toutes les lèvres dans les rues de La Havane.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le monde entier accueillait avec enthousiasme jeudi le rapprochement «historique» entre les États-Unis et Cuba, annoncé de manière simultanée la veille à Washington et à La Havane par Barack Obama et Raul Castro.

«Décision historique», «geste courageux» : l'annonce du rétablissement des relations diplomatiques, après des décennies de tensions héritées de la Guerre froide, a été saluée de Pékin à l'Amérique du Sud en passant par l'Europe, chacun disant l'espoir de voir Cuba sortir enfin de son isolement.

Sur l'île, la joie et l'espoir étaient sur toutes les lèvres dans les rues de La Havane. «Notre vie à tous va changer», résumait Ernesto Pérez, un cuisinier cubain de 52 ans.

Un peu plus tôt, les présidents américain et cubain venaient d'annoncer que leurs deux pays, qui ne se parlaient plus depuis plus d'un demi-siècle, allaient reprendre des relations.

«Todos somos americanos» (Nous sommes tous américains), a lancé Barack Obama lors d'une allocution qui devrait marquer son passage à la Maison-Blanche.

«Il y a une histoire compliquée entre les États-Unis et Cuba (...), mais l'heure est venue d'entamer un nouveau chapitre», a-t-il ajouté, constatant sans détour l'échec d'un demi-siècle d'isolement du régime communiste.

Au même moment, son homologue cubain Raul Castro confirmait cette percée historique, tout en soulignant que la question de l'embargo économique, imposé à Cuba par le président Kennedy en 1962, n'était pas résolue. M. Obama a demandé un débat, qui s'annonce déjà houleux, avec le Congrès américain sur la levée de cette mesure «inscrite dans la loi».

«Début de la fin de la Guerre froide»

En attendant cette étape suivante, l'heure était jeudi aux réjouissances et aux félicitations.

Dans le sud du continent, les pays latino-américains, réunis pour le 47e sommet du MERCOSUR en Argentine, ont salué le «début de la fin de la Guerre froide sur le continent américain» par la voix du ministre chilien des Affaires étrangères, Heraldo Muñoz, ou encore mentionné «le rêve d'avoir un continent où règne la paix totale entre les nations» par celle du président colombien, Juan Manuel Santos.

Même le critique le plus acerbe de Washington, le président vénézuélien Nicolas Maduro, s'est joint à eux pour saluer cette «rectification historique». «Le geste d'Obama est courageux et nécessaire pour l'Histoire», a jugé M. Maduro, y voyant une «victoire de la morale», une «victoire de Fidel» Castro, une victoire «historique du peuple cubain».

En Europe, le pape François, l'un des principaux artisans de ce rapprochement puisque le Vatican avait accueilli en octobre les délégations cubaine et américaine pour des pourparlers, a été le premier mercredi à saluer cette «décision historique».

L'Union européenne, qui cherche elle-même à renouer des relations avec Cuba suspendues depuis 2003, a salué un «tournant historique». «Aujourd'hui, un nouveau mur commence à tomber», a estimé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Et jeudi matin, Pékin «saluait la normalisation» des relations et appelait Washington à lever «le plus tôt possible» l'embargo.



L'embargo pas encore levé

Les seuls bémols sont venus des deux pays concernés.

À Cuba, des représentants de la dissidence déploraient que Washington n'ait pas attendu pour cette annonce «un geste de La Havane sur les droits de l'homme». Un peu plus tôt, à l'annonce de la libération de trois ressortissants cubains écroués aux États-Unis en échange d'un Américain détenu à Cuba, la blogueuse Yoani Sanchez avait titré : «le castrisme a gagné».

De l'autre côté du détroit de Floride, à Miami, des exilés anticastristes ont qualifié le rapprochement entre les deux pays de «trahison» qui ne profitera «qu'à Cuba».

Et si la prétendante officieuse à la Maison-Blanche Hillary Clinton a salué ce rapprochement, estimant que l'isolement de Cuba «n'avait fait que renforcer le maintien du régime Castro au pouvoir», d'autres parlementaires américains, démocrates et républicains, déploraient ce rapprochement et promettaient de résister à la levée de l'embargo.

Mais les premiers gestes annoncés par Barack Obama n'ont pas eu besoin de l'aval du Congrès : petits assouplissements économiques, et surtout ouverture «immédiate» de discussions en vue du rétablissement des relations diplomatiques, interrompues depuis 1961.

Perspective longtemps impensable, les États-Unis vont ouvrir une ambassade à La Havane «dans les mois à venir», et Barack Obama n'a pas exclu de se rendre à Cuba : «Je n'ai pas de projet particulier à ce propos pour le moment, mais voyons comment les choses évoluent», a-t-il déclaré.

Les relations entre Washington et La Havane ont été marquées par une succession d'épisodes tendus au début des années 1960, et sont restées très froides jusqu'à l'arrivée de Raul Castro au pouvoir en 2006 en remplacement de son frère Fidel, lorsque quelques timides signes de détente entre les deux pays ont commencé à apparaître.

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