L'Uruguay choisit un successeur à «Pepe» Mujica

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Le candidat de gauche, Tabaré Vasquez, est le grand favori.

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Ana Inés CIBILS
Agence France-Presse
MONTEVIDEO

Sous une pluie printanière, les électeurs uruguayens choisissaient dimanche un successeur à leur président José Mujica, au second tour d'une présidentielle dont le candidat de gauche Tabaré Vasquez, lui-même ex-président, est le grand favori.

Les quelque 7000 bureaux de vote, ouverts à 8h00 locales (5h00, heure de Montréal), devaient fermer à 19h30 (16h30, heure de Montréal), avec la possibilité d'une heure supplémentaire en cas d'affluence. Les résultats officiels sont attendus lundi matin, mais le vainqueur sera annoncé sur la base des sondages à la sortie des bureaux de vote.

Dans ce pays de 3,3 millions d'habitants où le vote est obligatoire sous peine d'amende, 2,6 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, cinq semaines après le premier tour qui était associé à un scrutin législatif.

Déjà assurée de garder sa majorité parlementaire, la coalition de gauche du Frente Amplio (FA) s'achemine vers un troisième mandat consécutif, après ceux de Tabaré Vazquez (2005-2010) puis de José Mujica, dit «Pepe», devenu célèbre dans le monde entier pour son franc-parler contre la société de consommation et son mode de vie humble.

Tabaré Vazquez a voté dimanche peu après 8h00 dans le quartier populaire de La Teja, dans l'ouest de Montevideo.

«Je ne veux pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué», a-t-il déclaré avec un large sourire. En cas de victoire, il promet d'organiser «une grande rencontre nationale sur les thèmes qui importent le plus aux Uruguayens comme l'économie, le social, la politique, pour que nous tous dessinions l'Uruguay du futur».

Il s'est déjà engagé à porter «une attention particulière» à l'éducation, aux infrastructures et la sécurité, trois thèmes-clés de la campagne, dans ce pays parmi les plus riches et sûrs d'Amérique latine.

José Mujica s'est montré plus confiant encore : «je crois que le peuple uruguayen va prendre une décision qui est déjà annoncée par les sondages», a-t-il assuré, en déposant son bulletin dans le quartier modeste du Cerro, dans l'ouest de la capitale.

Selon les sondages Tabaré Vazquez obtiendrait entre 52 et 55% des voix contre 37 à 41% pour Luis Lacalle Pou, candidat du Parti national (centre-droit).

Prise de fonctions le 1er mars

Au premier tour le 26 octobre, Vazquez, cancérologue âgé de 74 ans, qui a continué à exercer tout en étant président et avait fait appliquer de sévères lois anti-tabac, a recueilli 47,8% des suffrages, devant Luis Lacalle Pou (30,9%), député de 41 ans.

Fils d'un ancien président, ce dernier a joué sur son image jeune et dynamique. «Nous apportons au pays la paix, du calme et de la tranquillité (...) quels que soient les résultats», a-t-il affirmé dimanche.

«Les résultats d'octobre ont laissé (aux partis d'opposition) très peu de possibilités qui sont presque inexistantes», assure à l'AFP Rafael Piñeiro, docteur en Sciences politiques et professeur à l'Université catholique d'Uruguay.

«Il pleut, mais c'est toujours beau de voter et même s'il semble que Tabaré va gagner largement, on ne peut pas se relâcher, il ne faut pas qu'il manque un seul vote au Frente Amplio», selon Juan Carlos Rodriguez, électeur de 65 ans.

Si Tabaré Vazquez est élu, il prendra ses fonctions le 1er mars prochain et aura la lourde tâche de succéder, avec un style plus classique, au truculent José Mujica, dit «Pepe». Il a fait adopter des lois très progressistes pour l'Amérique latine comme la légalisation de l'avortement, du mariage homosexuel et du cannabis, sujets sur lesquels Tabaré Vazquez n'a pas toujours été d'accord, opposant son véto à la loi sur l'avortement et critiquant la vente publique de marijuana en pharmacie.

Son départ intervient dans un contexte de bonne santé économique de l'Uruguay, dont le PIB a grimpé de 5% par an en moyenne ces dix dernières années, contrairement à ses deux voisins, Argentine et Brésil.

Mais la rigueur sera aussi nécessaire, car selon le Fonds monétaire international (FMI) la croissance moyenne de la région ralentira selon à 1,3% en 2014, son taux le plus faible depuis 2009.

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