Les FARC libèrent deux soldats colombiens

Cette libération constitue un premier geste des FARC,... (PHOTO LUIS ROBAYO, ARCHIVES AFP)

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Cette libération constitue un premier geste des FARC, avant la libération d'un général, également promise par la rébellion marxiste, afin de relancer ces négociations, ouvertes il y a deux ans à La Havane, et actuellement suspendues par le gouvernement de Bogota suite aux enlèvements perpétrés par la rébellion marxiste.

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Philippe ZYGEL
Agence France-Presse
BOGOTA

Premier geste pour relancer le processus de paix, la guérilla des FARC a relâché deux soldats mardi en Colombie, réclamant désormais à l'armée de suspendre ses opérations afin de libérer cette semaine un général retenu en captivité.

Âgés de 23 et 24 ans, les deux militaires professionnels ont été relâchés dans la matinée dans une zone rurale de la province d'Arauca près du Venezuela, où ils avaient été enlevés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) le 9 novembre dernier lors de combats.

Remis à une mission humanitaire sous l'égide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ils ont été transférés en toute discrétion, après un rapide examen médical, en hélicoptère vers l'aéroport voisin de la localité de Tame, et pris en charge par l'armée colombienne qui avait interrompu ses activités dans la région.

«Nous sommes heureux que ces deux personnes puissent retourner bientôt dans leur foyer où les attendent leurs familles», a déclaré Christoph Harmisch, chef de la délégation du CICR en Colombie, soulignant que l'organisme international avait agi «comme intermédiaire neutre et impartial».

Le ministre de l'Intérieur, Juan Fernando Cristo, a salué une «très bonne nouvelle pour le pays», dans un message sur Twitter.

À Carmen de Bolivar, la ville d'un des soldats libérés, ses proches ont laissé éclater leur joie après l'annonce de l'issue heureuse. «Heureux! On veut le voir ici», s'est exclamé Nelson Rivera, oncle d'un des militaires, entre rires et larmes, sous l'objectif des caméras des télévisions nationales.

La remise en liberté des soldats constitue le premier pas vers une reprise des négociations, en cours depuis plus de deux ans à La Havane, afin de résoudre le plus vieux conflit d'Amérique latine, qui a fait 220 000 morts et 5,3 millions de déplacés en un demi-siècle, selon des chiffres officiels.

Les autorités exigent encore la libération très attendue du général Ruben Alzate et de ses accompagnateurs, un caporal et une conseillère de l'armée, enlevés le 16 novembre dans la province du Choco sur la côte Pacifique, lors d'une mission d'inspection d'un programme énergétique.

Le général bientôt «à la maison»

Sitôt les soldats libérés en Colombie, la délégation des FARC à Cuba a réclamé à l'armée régulière colombienne de «suspendre immédiatement» ses opérations dans cette région, afin que leur remise en liberté se déroule «sans contretemps».

Rappelant avoir «rempli les engagements pour cette «première étape», la guérilla a assuré qu'elle allait désormais «concentrer ses efforts pour la libération» du général.

«Nous pensons que le général sera de retour à la maison à la fin de la semaine», a déclaré à l'AFP Rubin Morro, un des délégués de la rébellion.

La capture de cet officier expérimenté de 55 ans, appréhendé en civil et sans escorte dans des conditions restées floues, a bouleversé le pays et conduit le président Juan Manuel Santos à suspendre le dialogue de paix.

«La décision de ne pas négocier avec la vie des personnes détenues est un geste très important de paix qui renforce le processus», a expliqué à l'AFP Jorge Restrepo, directeur du CERAC, centre d'études spécialisé dans le conflit.

Toutefois, l'expert admet que toute atteinte à la santé d'un des prisonniers des FARC peut menacer le dialogue. «La tension restera maximale jusqu'à ce que les libérations soient effectives», estime-t-il.

La remise en liberté du plus haut gradé jamais détenu par les FARC s'annonce plus compliquée dans cette région pauvre et difficile d'accès, recouverte de forêt et de cours d'eau.

Les FARC ont reproché à plusieurs reprises au gouvernement de «mettre en danger» cette libération, en dénonçant des «débarquements de troupes», des «bombardements» et des «survols aériens».

L'armée doit par ailleurs faire face dans le Choco à la seconde guérilla colombienne, l'Armée de libération nationale (ELN), qui a décrété une interdiction de circuler mardi et mercredi, une démonstration de force habituelle dans cette région où opèrent de nombreux groupes armés.

Fondées dans les années 60 dans la foulée d'une insurrection paysanne, les FARC et l'ELN sont les dernières guérillas d'extrême gauche encore en activité avec respectivement 8000 et 2500 combattants, essentiellement repliés dans les régions rurales de Colombie.

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