Colombie: une opération pour libérer des otages «en cours»

Le président colombien Juan Manuel Santos a annoncé jeudi soir qu'une opération... (Photo LUIS ROBAYO, AFP)

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Agence France-Presse
BOGOTA

Le président colombien Juan Manuel Santos a annoncé jeudi soir qu'une opération pour libérer cinq prisonniers de la guérilla des Farc avait débuté, ce qui devrait ouvrir la voie à la reprise des pourparlers de paix suspendus à l'initiative de Bogota.

«Le processus est en cours», a déclaré M. Santos, faisant allusion aux opérations devant permettre la libération du général Ruben Alzate, d'une conseillère de l'armée et de trois autres soldats, récemment enlevés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

La porte-parole du Comité international de la Croix Rouge (CICR), Patricia Rey, avait auparavant indiqué que son organisation, régulièrement sollicitée lors de libération d'otages par les Farc, avait reçu «le feu vert» pour commencer «les opérations humanitaires devant permettre la libération de ces cinq personnes».

Devant des journalistes, Mme Rey avait dit espérer que tous soient libérés «le plus tôt possible», sans toutefois préciser de date, en raison de «la complexité» des opérations de coordination.

Le compte à rebours avait débuté mercredi soir, quand des diplomates cubain et norvégien, garants des négociations entre le gouvernement et les rebelles, avaient annoncé que «les parties (s'étaient) accordées sur les conditions nécessaires à la libération» des cinq prisonniers «dans les plus brefs délais».

Le gouvernement colombien avait appelé mercredi de ses voeux un dénouement rapide, et assuré «qu'une fois que tous (les prisonniers) seront libérés, la délégation du gouvernement reviendra à La Havane» où pourront reprendre les pourparlers, entamés en novembre 2012 mais suspendus depuis dimanche, suite à l'enlèvement du général.

«Dès que les prisonniers qui sont aux mains des Farc seront libres, je donnerai les instructions pour que les négociateurs retournent à La Havane et continuent, j'espère à un bon rythme, les négociations pour pouvoir achever ce processus dans les plus brefs délais», a confirmé jeudi soir le président Santos.

Jeudi, le numéro trois des Farc, Pablo Catatumbo, a déclaré sur la radio RCN que l'annonce de ces libérations constituait «un geste de paix et de réconciliation» de la guérilla et démontrait son «engagement» dans les discussions.

Parmi les cinq prisonniers se trouvent deux soldats capturés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) il y a une dizaine de jours, dans la province d'Arauca (est).

Le général Alzate, 55 ans, plus haut gradé jamais enlevé par la guérilla en plus de 50 ans de conflit, est à la tête de la Force d'action conjointe Titan, constituée de 2.500 militaires, une des neuf unités de ce type créées dans le pays pour combattre la rébellion, le trafic de drogues et l'activité minière illégale.

Capture polémique

Sa capture, alors qu'il visitait en civil Las Mercedes, un hameau isolé dans l'ouest de la Colombie, sur les rives du fleuve Atrato à environ 30 minutes de navigation de la capitale du Choco, Quibdo, fait l'objet d'une polémique et s'est déroulée dans des circonstances encore floues.

Selon le ministre de la Défense, Juan Carlos Pinzon, le soldat à la barre de l'embarcation sur laquelle voyageait l'officier avec une conseillère de l'armée et un autre militaire a vu des guérilleros armés surgir des maisons avoisinantes pour le capturer.

Mais cette version est démentie par des habitants.

Les rebelles «étaient quatre hommes en civil arrivés dans une barque une demi-heure avant le général. Ils se sont assis sur un banc en face de l'église et, quand le général et ses accompagnants sont arrivés, ils ont bavardé. Puis, quand j'ai à nouveau regardé, ils partaient tous sur une barque», a raconté à l'AFP le responsable local de Las Mercedes.

«Je n'ai pas vu d'hommes armés, ni de guérilleros dans les maisons. Cela nous fait peur qu'ils racontent des choses comme ça», a ajouté cet homme de 37 ans, qui se souvient encore parfaitement de l'exode du village il y a 15 ans, sous la menace de milices d'extrême droite combattant la guérilla.

La province déshéritée d'El Choco, marquée par une végétation luxuriante où les cours d'eau remplacent les routes, a été durement frappée par le conflit armé impliquant les guérillas des Farc et de l'Armée de libération nationale (ELN), ainsi que des narcotrafiquants.

Les pourparlers de paix menés à Cuba avec la plus ancienne guérilla d'Amérique latine - qui compte encore officiellement près de 8.000 combattants essentiellement repliés dans les régions rurales du pays - ont déjà abouti à des accords partiels prévoyant une réforme rurale, la participation des ex-rebelles à la politique et la lutte antidrogue.

Si le processus de paix reprend, les négociateurs devront encore aborder les questions des victimes, du désarmement et d'un éventuel référendum pour mettre un terme à ce conflit qui a fait 220 000 morts et 5,3 millions de déplacés, selon des chiffres officiels.

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