Colombie: sept Farc condamnés pour meurtre par la justice indigène

Les sept Farc, dont deux mineurs, étaient jugés... (Photo LUIS ROBAYO, AFP)

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Les sept Farc, dont deux mineurs, étaient jugés pour avoir tué mercredi deux dirigeants indigènes qui avaient retiré une pancarte commémorant la mort d'Alfonso Cano, un ancien chef des Farc.

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Agence France-Presse
TORIBíO

Des indigènes colombiens ont condamné dimanche sept guérilleros des Farc à de lourdes peines de prison et des châtiments corporels pour le meurtre de deux leaders de la tribu Nasa lors d'un procès qui a duré quatre heures.

Une assemblée de plus de 3.000 personnes a condamné les sept membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, communiste) à des peines allant de 20 coups de fouet à 60 ans de prison.

Les sept Farc, dont deux mineurs, étaient jugés pour avoir tué mercredi deux dirigeants indigènes qui avaient retiré une pancarte commémorant la mort d'Alfonso Cano, un ancien chef des Farc, abattu par l'armée en novembre 2011 dans le département de Cauca (ouest).

La peine la plus sévère de 60 ans de prison a été prononcée à l'encontre de Carlos Ivan Silva, le guérillero qui a avoué avoir commis le crime contre les membres de la garde indigène à Toribio dans le département de Cauca.

Quatre autres accusés ont été condamnés à 40 ans de prison pour avoir «tiré sans discrimination contre d'autres membres de la communauté», a précisé à l'AFP Gabriel Pavi, représentant de l'association indigène ACINC.

Les 20 coups de fouet ont été réservés aux deux adolescents de 14 et 17 ans, qui seront enfermés dans un centre d'éducation jusqu'à leur majorité. Une nouvelle assemblée indigène se prononcera sur leur sort quand ils auront 18 ans.

Le procès a eu lieu au lendemain des funérailles des victimes.

Des membres des réserves indigènes ont rendu leur verdict après un procès de quatre heures et l'audition du rapport d'une commission d'enquête désignée par les autorités.

Certains des accusés appartenaient également à l'ethnie Nasa.

Les Farc ont reconnu les faits dans un communiqué publié samedi à la Havane, où le gouvernement colombien a commencé il y a deux ans, sans cessez-le-feu préalable, des négociations de paix avec les Farc.

La constitution colombienne autorise les autorités indigènes à rendre la justice sur leur territoire. Elles ne peuvent cependant pas prononcer des peines contraires à la Constitution ou aux lois du pays.

Fondée en 1964 lors d'une insurrection paysanne, les Farc constituent la plus ancienne guérilla latino-américaine et comptent encore officiellement près de 8000 combattants.

La communauté indigène représentait 1,4 million de personnes en 2005, date du dernier recensement, sur une population totale de plus de 48 millions en Colombie.

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