Étudiants disparus au Mexique: intensification des recherches

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Des manifestants ont marché pour protester contre les meurtres de étudiants.

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Leticia PINEDA
Agence France-Presse
IGUALA DE LA INDEPENDENCIA

Les forces de sécurité, soutenues mercredi par des centaines de miliciens d'autodéfense, tentent d'accélérer les recherches pour retrouver les 43 étudiants disparus au sud du Mexique, alors que des manifestations sont prévues pour exiger la vérité sur cette affaire.

Le gouvernement mexicain est confronté à une pression croissante au niveau international pour que la lumière soit faite sur ce qui s'est vraiment passé à Iguala, ville de l'État du Guerrero, où 43 étudiants ont disparu le 26 septembre après avoir été attaqués avec des armes à feu par des policiers municipaux et des narcotrafiquants.

Le bilan s'élève pour l'instant à six morts et 25 blessés.

Le gouvernement est également critiqué pour ne pas avoir agi plus tôt, alors qu'il aurait eu connaissance des liens du maire d'Iguala avec les criminels du groupe des Guerreros Unidos.

Des centaines de miliciens d'autodéfense ont entamé mercredi, parallèlement aux forces de sécurité fédérales, leurs propres recherches.

«Nous allons trouver les jeunes, vivants ou morts», a assuré à l'AFP un des commandants du groupe, qui s'est identifié sous le nom de Moises.

«Si des criminels attaquent nos camarades, nous sommes préparés», a déclaré à la presse Ernesto Gallardo, coordinateur de l'Union des peuples et organisations de l'État de Guerrero (UPOEG).

Les miliciens de cette organisation ont été parmi les premiers, début 2013, à s'élever en armes contre les groupes criminels.

L'UPOEG a décidé d'entreprendre ses propres recherches, à la demande selon elle de certains parents de disparus qui n'ont pas confiance dans l'action des forces fédérales, «parce que les policiers ne cherchent qu'au bord de la route : nous le ferons au ras du sol», a affirmé un de ses leaders, Bruno Placido.

Quelque 500 miliciens sont arrivés mercredi matin dans la zone des fosses clandestines où ont déjà été découverts 28 corps, en cours d'identification.

Mais, alors qu'ils avaient commencé l'ascension vers le secteur gardé par les autorités, ils ont reçu l'ordre de leurs leaders de faire demi-tour, a constaté l'AFP sur place.

«Revenez, montez dans vos voitures dès que vous le pouvez», pouvait-on entendre, sans que soit connu le motif de cet ordre.

Pression internationale

Les États-Unis et l'Organisation des États américains (OEA) ont appelé mardi le gouvernement mexicain à faire toute la lumière sur ces disparitions.

Les autorités de l'État du Guerrero ont publié mercredi un encart dans la presse nationale offrant une récompense d'un million de pesos (60.000 euros) à toute personne permettant de localiser des disparus.

Les causes de l'attaque violente contre des étudiants venus manifester et récolter des fonds à Iguala ne sont pas élucidées.

Mais l'indignation est montée d'un cran au Mexique après la diffusion d'informations relatives aux liens entre le maire d'Iguala, José Luis Abarca, membre du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche) et les narcotrafiquants de Guerreros Unidos, un groupe local issu du cartel Beltran Leyva.

Le maire, recherché par la police, disparu depuis plusieurs jours, est considéré comme fugitif.

Selon un rapport du renseignement mexicain (Cisen) publié dans la presse, c'est l'épouse du maire, Maria de los Angeles Pineda, qui a ordonné aux forces de sécurité de la ville de réprimer les étudiants, craignant qu'ils n'interrompent un discours qu'elle avait prévu de prononcer le 26 septembre.

Deux frères de Mme Pineda figuraient en 2009 parmi les narcotrafiquants les plus recherchés du pays, en tant que chefs locaux du cartel des Beltran Leyva, selon des sénateurs du PRD.

Le PRD et plusieurs témoins ont indiqué que vers le milieu de 2013 une plainte avait été déposée contre M. Abarca pour l'assassinat d'un de ses camarades de parti.

Le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam a reconnu qu'il avait été informé de la plainte, mais que celle-ci ayant été déposée au Guerrero, elle était de la compétence des autorités locales.

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