Scandale Petrobras: Rousseff veut des noms

Dilma Rousseff a assuré qu'elle «n'avait pas la... (Photo: archives AFP)

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Dilma Rousseff a assuré qu'elle «n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait chez Petrobras».

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Agence France-Presse
Brasilia

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a annoncé lundi avoir demandé à la justice les noms des bénéficiaires présumés des pots de vins versés à des élus de sa majorité par la compagnie pétrolière d'État Petrobras.

«Si un fonctionnaire du gouvernement ou quelque personne du gouvernement fédéral est impliqué, nous prendrons les mesures qui s'imposent», a-t-elle déclaré, après les révélations ce week-end par la presse de ce vaste scandale politico-financier.

Candidate à sa réélection à la présidentielle d'octobre, Mme Rousseff a également assuré qu'elle «n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait chez Petrobras», dans une interview accordée lundi soir au quotidien O Estado de Sao Paulo.

Un énorme scandale de corruption a éclaté ce week-end en pleine campagne électorale au Brésil.

Les médias se sont fait l'écho des accusations explosives d'un ancien directeur du raffinage de la compagnie pétrolière publique, incarcéré depuis juin dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent.

Cherchant à obtenir une réduction de peine, Paulo Roberto Costa a assuré aux enquêteurs de la police fédérale que Petrobras avait versé entre 2004 et 2012 des pots de vins à des dizaines de députés ou sénateurs de la coalition au pouvoir, ainsi qu'à un ministre et à des gouverneurs.

Selon la revue Veja parue samedi, il a notamment nommément mis en cause le ministre de l'Energie, Edison Lobao, le trésorier du Parti des travailleurs (PT, gauche, au pouvoir), Joao Vaccari Neto, ainsi que les présidents du Sénat et de la chambre des députés, Renan Calhheiros et Henrique Eduardo Alves, tous deux membres du Parti du Mouvement démocratique brésilien (PMDB), le principal allié parlementaire du PT.

L'ancien responsable de Petrobras a également cité selon Veja le noms de trois gouverneurs, dont celui d'Eduardo Campos, ex-candidat à la présidence du Parti socialiste brésilien (PSB) décédé en août dans un accident d'avion et remplacé par l'écologiste Marina Silva, qui est actuellement donnée favorite de la présidentielle.

«La revue (Veja) publie ces informations mais ne dit pas d'où elle les tient. Nous demandons au parquet général de la République de nous informer pour que nous puissions prendre les mesures adaptées sur la base d'informations officielles», a expliqué la présidente de gauche Dilma Rousseff.

L'action Petrobras a chuté de 4,9% lundi à la suite de ces révélations, provoquant une baisse de 2,45% de la Bourse de Sao Paulo, la plus forte en une séance depuis février.

Le scandale des pots de vins de Petrobras a éclaté comme une bombe aux conséquences imprévisibles en pleine campagne électorale pour les élections générales d'octobre: présidentielle, législatives, gouverneurs, sénatoriales partielles.

«Je ne crois pas que la présidente ait reçu des l'argent de ce système. Mais d'un point de vue politique, elle en a été bénéficiaire», a réagi l'un de ses principaux rivaux, le candidat social-démocrate Aecio Neves. «Elle avait l'obligation de savoir ce qui se passait dans son entourage», a-t-il ajouté.




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