Bolivie : les enfants en extrême pauvreté autorisés à travailler dès 10 ans

Le président Evo Morales a lui-même été contraint... (Photo Evaristo SA, archives AFP)

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Le président Evo Morales a lui-même été contraint à travailler dans son enfance, en tant que berger puis dans une fabrique de briques. L'objectif de la loi est d'enrayer l'extrême pauvreté, selon le gouvernement.

Photo Evaristo SA, archives AFP

Agence France-Presse
LA PAZ

Les enfants en situation d'extrême pauvreté pourront travailler à partir de 10 ans à leur propre compte en Bolivie, selon les termes d'une nouvelle loi sur le travail des mineurs promulguée jeudi qui alarme les défenseurs de l'enfance.

La nouvelle loi, en attente de décrets d'application, fixe à 14 ans l'âge minimum pour travailler, en accord avec les préconisations de l'Organisation internationale du travail (OIT), mais prévoit deux exceptions sous conditions : le travail comme employé à partir de 12 ans et pour son propre compte à partir de 10 ans.

«Nous venons de promulguer une loi qui a été difficile à rédiger parce qu'il y avait un ensemble de conventions internationales que l'État a signées en faveur des droits des enfants, mais il existe une réalité bolivienne», a expliqué le vice-président Alvaro Garcia.

M. Garcia a assuré que l'objectif du gouvernement était d'éradiquer l'extrême pauvreté dans ce pays de 10 millions d'habitants considéré comme le plus pauvre d'Amérique du Sud et dirigé depuis 2006 par le socialiste indigéniste Evo Morales, lui-même contraint à travailler dans son enfance, en tant que berger puis dans une fabrique de briques.

L'extrême pauvreté touche 20 % de la population.

Selon les derniers chiffres officiels, datant de 2010, 850 000 enfants et adolescents de 7 à 15 ans travaillent en Bolivie, principalement dans les champs ou comme vendeurs ambulants.

La nouvelle loi interdit toutefois les tâches dangereuses, comme le travail dans les mines, dans les fabriques de briques ou les hôpitaux et la récolte de la canne à sucre.

Le texte a soulevé la préoccupation du Défenseur du peuple, de celui de l'enfance et de l'OIT, qui a annoncé la semaine dernière qu'elle soumettrait la Bolivie à une enquête afin de déterminer si elle viole les traités dont elle est signataire.

«L'État bolivien n'assume pas ses engagements internationaux» et «ne suit pas des politiques sérieuses», a dénoncé auprès de l'AFP Marcelo Claros, des services du Défenseur de l'enfance à La Paz.

Le gouvernement a indiqué avoir prévu des garde-fous : le mineur doit être volontaire, ses parents ou tuteurs doivent donner leur autorisation, de même que les Défenseurs municipaux de l'enfance, qui déterminent la situation de pauvreté de l'enfant, et le ministère du Travail.

En cas d'emploi salarié, le salaire minimum est fixé à 207 $, identique au salaire des adultes, et obligation sera faite à l'employeur de signer un contrat de travail et d'inscrire l'enfant au système de santé.




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