Chaos à Sao Paulo à une semaine du Mondial

À Itaquera, la station de métro du stade,... (Photo Chico Ferreira, REUTERS)

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À Itaquera, la station de métro du stade, des usagers ont forcé les grilles d'entrée de la station et se bagarraient pour entrer dans les trains.

Photo Chico Ferreira, REUTERS

Yana MARULL, Natalia RAMOS
Agence France-Presse
SAO PAULO

La grève «illimitée» des employés du métro de Sao Paulo entamée jeudi a provoqué un embouteillage record de 209 km et laissé des centaines de milliers de personnes sans transport public à une semaine du Mondial.

Même si la grève est partielle et ne touche que trois des cinq lignes, celle-ci place sous pression les autorités à une semaine jour pour jour du match d'ouverture Brésil-Croatie (le 12 juin).

Le métro de Sao Paulo constitue la principale voie d'accès au stade Arena Corinthians (surnommé Itaquerao) dans cette ville de 20 millions d'habitants, et transporte chaque jour 4,5 millions d'usagers.

La grève a été déclenchée mercredi soir après l'échec de négociations salariales.

«Nous avons présenté à la justice une demande pour qu'elle soit jugée abusive», a déclaré jeudi le gouverneur de Sao Paulo., Geraldo Alckmin.

Mercredi, la justice avait demandé de maintenir à 100% le fonctionnement du métro aux heures de pointe et à 70% pour le reste de la journée, sous peine d'amende.

Une nouvelle audience de conciliation était prévue pour la fin d'après-midi.

La grève a entraîné des embouteillages record de 209 km à l'heure de pointe, parmi les plus importants de l'histoire de Sao Paulo.

En milieu d'après-midi, 57% du métro fonctionnait normalement.

Bagarres dans le métro 

Vers 6 h, à Itaquera, la station de métro du stade, des usagers ont forcé les grilles d'entrée de la station et se bagarraient pour entrer dans les trains qui, dans certaines stations, fonctionnent avec le métro.

Certaines personnes ayant marché sur les voies, les employés ont finalement ouvert la station pour ramener le calme.

La présidente Dilma Rousseff a qualifié les désordres de «lamentables» tandis que le secrétaire général de la présidence Gilberto Carvalho a demandé «une trêve civique» pour accueillir les touristes, selon l'agence de presse Estado de S. Paulo.

«Je viens de Sao Bernardo dos Campos (banlieue) et maintenant je ne sais pas comment arriver à destination. Je vais devoir y aller à pied ou en bus», a déclaré à l'AFP André Luiz Diaz, 19 ans.

Pour faciliter les déplacements dans la capitale économique brésilienne, la circulation alternée des automobiles a été levée par la mairie.

Mercredi soir, quelque 12 000 militants du mouvement des Sans-Toit, selon la police, et 400 policiers à la retraite, avaient protesté près du stade et bloqué l'une des principales avenues de la ville. Il y a 15 jours, une grève des conducteurs de bus avait déjà semé le chaos avec un embouteillage de 168 km et touché plus d'un million de personnes.

Inflation 

Le président du syndicat des employés du métro, qui compte 9700 travailleurs, Altino Melo dos Prazeres, a affirmé mercredi soir que les grévistes n'acceptaient pas les 8,7% d'augmentation des salaires proposés par la direction et voulaient au moins 10%.

«C'est le monde réel. La hausse du prix des aliments et l'inflation générale sont bien plus élevées» que la proposition des autorités, avait-il déclaré.

Il y a un an exactement, Sao Paulo avait donné le coup d'envoi de la fronde sociale historique qui allait ébranler le Brésil, gigantesque pays émergent de 200 millions d'habitants, en pleine Coupe des Confédérations.

Amnesty International a demandé jeudi au gouvernement brésilien de respecter le droit de manifester pendant le Mondial.

«Le monde a les yeux tournés vers le Brésil et pas seulement vers les stades. Le pays aura l'occasion de montrer qu'il respecte les droits à la liberté d'expression  et à la manifestation pacifique», a déclaré Atila Roque, directeur d'Amnesty Brésil.

Police du monde entier

Un Centre de coopération policière internationale sera par ailleurs inauguré lundi à Brasilia.

«L'idée est d'unir toutes les polices des 31 pays qui participent au Mondial», outre les effectifs de l'ONU et ceux des polices internationales Interpol et Ameripol, a indiqué jeudi la police fédérale.

Grâce à cette coopération, la PF dispose déjà d'une banque de données, notamment sur les partisans violents.

Quelque 157 000 policiers et militaires brésiliens assureront la sécurité.

Sur le terrain sportif, les équipes commencent à arriver : celle du Chili était attendue jeudi soir à Belo Horizonte, s'ajoutant à celles de l'Australie, de la Croatie et de l'Iran.




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