Des milliers de Venezueliens poursuivent les manifestations

D'abord centré sur l'insécurité (65 morts quotidiens, selon... (Photo LEO RAMIREZ, AFP)

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D'abord centré sur l'insécurité (65 morts quotidiens, selon une ONG), le mouvement s'en est pris à la situation économique du pays, producteur de pétrole, qui connaît de fréquentes pénuries et l'inflation la plus élevée d'Amérique latine (plus de 56% en 2013), puis à la répression policière.

Photo LEO RAMIREZ, AFP

Agence France-Presse
Caracas

Plusieurs milliers d'étudiants et de sympathisants de l'opposition ont manifesté mardi à Caracas pour dénoncer, comme ils le font depuis un mois, l'insécurité et la délicate situation économique du Venezuela.

Revêtus de blanc pour la majorité, les manifestants brandissaient des pancartes et scandaient des slogans hostiles au gouvernement de Nicolas Maduro, cible depuis le 4 février d'une vague de manifestations émaillées de violences qui ont déjà fait 18 morts et plus de 260 blessés.

Partis du parc Miranda, dans le quartier de Sucre, dans l'est de la capitale, les étudiants se dirigeaient vers la zone voisine de Petare, l'un des bidonvilles les plus vastes d'Amérique latine.

«La population des quartiers pauvres est aussi concernée. Le voleur ou l'assassin ne demande pas à quelle tendance politique tu appartiens», assurait à l'AFP Mariana Fonseca, une styliste de 39 ans.

Dans le même cortège, la sexagénaire Maria Eugenia Molina brandissait une pancarte barrée du mot «Paix». «Je suis prisonnière du gouvernement, de l'insécurité. Je dois faire la file pour manger, ma retraite ne me suffit pas».

Une autre marche de quelques centaines de personnes a été organisée mardi à Caracas en l'honneur des victimes de la répression à l'appel de la députée de l'opposition Maria Corina Machado.

Le mouvement de protestation, qui agite plusieurs villes du Venezuela, est né dans l'État de Tachira, où des étudiants se sont révoltés après le viol de l'une de leurs camarades.

D'abord centré sur l'insécurité (65 morts quotidiens, selon une ONG), le mouvement s'en est pris à la situation économique du pays, producteur de pétrole, qui connaît de fréquentes pénuries et l'inflation la plus élevée d'Amérique latine (plus de 56% en 2013), puis à la répression policière.

Ce mouvement a reçu le soutien du chef de file de l'opposition, Henrique Capriles, mais aussi d'opposants plus radicaux, dont Leopoldo Lopez, emprisonné le 18 février pour incitation à la violence.

Le pays commémore mercredi la disparition de l'ancien président Hugo Chavez (1999-2013), terrassé par un cancer il y a un an et toujours l'objet d'un culte fervent dans son pays. Une cérémonie officielle est prévue en présence de plusieurs chefs d'État.

Mardi après-midi, seuls le Nicaraguayen Daniel Ortega et le Bolivien Evo Morales avaient toutefois confirmé leur présence.

À cette occasion, la chaîne de télévision latino-américaine Telesur, dont le siège est au Venezuela, doit diffuser en avant-première le documentaire Mon ami Hugo réalisé par le célèbre metteur en scène américain Oliver Stone.

Les États-Unis condamnent la répression

Le Congrès des États-Unis a condamné mardi de façon quasi unanime le gouvernement vénézuélien et sa répression «inexcusable» des manifestations et des leaders de l'opposition.

La Chambre des représentants a ainsi passé une résolution condamnant les violences du régime de Nicolas Maduro à l'encontre des manifestants.

Au moins 18 personnes sont mortes et 260 ont été blessés depuis le début des manifestations, les plus importantes en Amérique du Sud ces dernières années.

Le Congrès déplore «la violence inexcusable perpétrée contre les chefs de l'opposition et les manifestants, et l'utilisation croissante d'accusations pénales dans un but politique pour intimider l'opposition politique du pays», indique cette résolution non contraignante.

La résolution a été adoptée par 393 voix contre une, le républicain Thomas Massie étant le seul à voter contre.

Un texte similaire est à l'étude au Sénat.

Les élus de la Chambre ont également demandé au président Barack Obama d'imposer des sanctions contre les responsables de la répression.




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