Obama au Mexique pour parler immigration et économie

Il s'agit du quatrième déplacement de Barack Obama... (PHOTO KEVIN LAMARQUE, ARCHIVES REUTERS)

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Il s'agit du quatrième déplacement de Barack Obama (à droite) au Mexique, mais le premier depuis la prise de fonction le 1er décembre du président mexicain Enrique Peña Nieto (à gauche). Ci-dessus, le président élu Peña Nieto avait été reçu à la Maison-Blanche, le 27 novembre dernier.

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Agence France-Presse
Mexico

Le président américain Barack Obama a entamé jeudi au Mexique une visite de 24 heures centrée sur la coopération économique et l'immigration, après plusieurs années de priorité quasi exclusive à la lutte contre les cartels de la drogue.

L'avion Air Force One transportant le dirigeant s'est posé peu après 14 h (15h à Montréal) à l'aéroport international de Mexico. M. Obama devait immédiatement se rendre au palais national, au centre de la capitale, pour une conférence de presse commune avec son homologue Enrique Peña Nieto prévue à 16 h 10 locales.

Il s'agit du quatrième déplacement de Barack Obama au Mexique, mais le premier depuis la prise de fonction le 1er décembre de M. Peña Nieto, qui souhaite redéfinir les priorités des relations entre les deux pays.

Aujourd'hui, Mexique et États-Unis sont d'accord pour «équilibrer et diversifier la relation», a assuré à l'AFP Sergio Alcocer, vice-ministre mexicain des Relations extérieures, chargé de l'Amérique du Nord.

Le président Obama l'a reconnu mardi: «Il va être beaucoup question d'économie. Nous avons passé tellement de temps sur les questions de sécurité entre les États-Unis et le Mexique que parfois je pense que nous oublions qu'il est un énorme partenaire commercial».

Après la conférence de presse, un dîner est prévu dans la soirée à la résidence présidentielle de Los Pinos.

Vendredi matin, le président américain doit prononcer un discours au Musée d'anthropologie de Mexico avant de reprendre l'avion peu après midi pour sa deuxième et dernière étape en Amérique latine, le Costa Rica.

Le Mexique, partenaire depuis 1994 des États-Unis et du Canada au sein de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), est le deuxième plus gros client et le troisième fournisseur des États-Unis. Les échanges annuels entre les deux pays atteignent quelque 500 milliards de dollars (380 milliards d'euros).

Pendant les six années de gouvernement du précédent président, Felipe Calderon (2006-2012), la lutte contre les narcotrafiquants a accaparé l'agenda entre les deux pays.

Tournant dans la stratégie de sécurité

Face à la montée en puissance des cartels, M. Calderon avait reçu une aide américaine à travers l'Initiative Merida, un plan signé en 2007 par George W. Bush à hauteur de 1,9 milliard de dollars. Parallèlement, une grande liberté était laissée aux agences de sécurité ou de renseignement américaines pour agir directement avec leurs homologues mexicains.

«À la différence du gouvernement précédent, où plusieurs agences collaboraient en matière de sécurité, maintenant nous avons un grand parapluie, celui du ministère de l'Intérieur pour une meilleure coordination», a souligné M. Alcocer.

Les autorités américaines sont curieuses, sinon inquiètes, du tournant annoncé de la stratégie de sécurité que met en place le nouveau gouvernement mexicain, sans qu'on en connaisse encore le détail.

Le président Obama a indiqué mardi qu'il «n'allait pas juger comment cela allait modifier la relation» entre les deux pays «jusqu'à ce que nous entendons de leur part ce qu'ils veulent accomplir exactement».

Le gouvernement du Mexique a indiqué clairement son objectif stratégique: freiner les violences liées au crime organisé qui ont fait plus de 70 000 morts au cours des six dernières années.

Mais, pour l'instant, le Mexique n'a pas remis en cause le principe du déploiement massif des militaires, décidé en 2006 par M. Calderon, et les chiffres de la violence n'ont pas connu de baisse significative au cours des premiers mois de la nouvelle présidence.

Alors que le président Obama s'apprête à défendre une réforme de l'immigration vue d'un bon oeil par le Mexique qui compte une frontière de plus de 3000 km avec son voisin du nord, les deux présidents vont aussi discuter de mesures pour «faciliter un flux de personnes légal, ordonné, sûr et efficace» a indiqué M. Alcocer.

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