Chavez peut prêter serment après le 10 janvier, tranche le tribunal

Le Tribunal suprême de justice (TSJ) a avalisé mercredi le report de... (Photo: AFP)

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Alexandre GROSBOIS
Agence France-Presse
Caracas

Le Tribunal suprême de justice (TSJ) a avalisé mercredi le report de l'investiture du président vénézuélien Hugo Chavez, hospitalisé depuis un mois à Cuba, une décision très attendue qui a été acceptée - avec réserves - par le leader de l'opposition Henrique Capriles.

«Il y a eu une décision, il y a eu une interprétation du TSJ (...) maintenant c'est à vous M. Maduro que revient la responsabilité d'assumer votre charge et de gouverner», a déclaré devant la presse M. Capriles en s'adressant au vice-président Nicolas Maduro, à qui Hugo Chavez a confié une partie de ses pouvoirs avant de quitter le pays le 10 décembre dernier.

L'opposant, battu par Hugo Chavez à la présidentielle d'octobre, a rappelé qu'il n'avait pas demandé à ses partisans d'aller risquer une confrontation jeudi dans les rues de Caracas.

Il a toutefois maintenu ses accusations de «paralysie» du gouvernement, souligné que M. Maduro n'avait pas élé élu et estimé que les «instances ne doivent pas répondre aux intérêts d'un parti», visant indirectement le TSJ, souvent décrié pour ses décisions favorables au gouvernement.

Plus tôt mercredi, la juridiction suprême avait décrété que l'investiture de M. Chavez, réélu en octobre, «pourra intervenir à une date postérieure devant le TSJ» et non devant l'Assemblée nationale, et ce «en dépit du fait que débute le 10 janvier une nouvelle période constitutionnelle».

En outre, les sept juges de la chambre constitutionnelle du TSJ ont décidé qu'en vertu «du principe de la continuité administrative», le gouvernement et le vice-président Nicolas Maduro resteraient en fonctions jusqu'à ce que Hugo Chavez soit en mesure d'être investi, a annoncé devant la presse la présidente du TSJ Luisa Estella Morales.

Jusqu'à présent, l'opposition réclamait que soit constaté un «défaut temporaire» du président, considérant qu'en restant en place, le gouvernement s'engageait dans une forme de coup d'État institutionnel.

Le «défaut temporaire» du chef de l'exécutif, qui peut durer jusqu'à six mois et mener à un «défaut absolu» avec la tenue de nouvelles élections, doit être «expressément sollicité par décret» du président lui-même, a assuré la présidente du TSJ.

Elle a également indiqué que le Tribunal avait écarté l'envoi d'une commission médicale à Cuba, demandé par l'opposition alors que le président demeure invisible depuis sa quatrième opération d'un cancer le 11 décembre à La Havane.

Mardi soir, le gouvernement vénézuélien avait mis fin au suspense qui planait sur l'investiture du président à Caracas jeudi en indiquant que, sur la recommandation de ses médecins, il devait poursuivre son traitement à Cuba.

Dans une lettre lue par le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello, le vice-président Nicolas Maduro avait anticipé la décision du TSJ en affirmant que «la prestation de serment aura lieu à une date ultérieure devant le TSJ».

Mercredi soir, en marge d'une réunion avec plusieurs ministres et diplomates de la région, M. Maduro a assuré que la présidente brésilienne Dilma Rousseff lui avait manifesté son appui après la décision du TSJ et assuré de «toute sa confiance dans le développement de la démocratie vénézuélienne».

Le président vénézuélien est apparu pour la dernière fois dans les médias officiels à son départ vers Cuba le 10 décembre pour y être une nouvelle fois opéré d'un cancer dans la zone pelvienne diagnostiqué en juin 2011. La nature et la localisation exactes de ce cancer sont tenues secrètes par les autorités.

Le gouvernement a indiqué lundi que sont état était «stable» et qu'il «assimile son traitement» après une grave infection pulmonaire, sans donner plus de précisions.

Le président de l'Assemblée a appelé à une manifestation massive jeudi devant le palais présidentiel à Caracas. Plusieurs chefs d'États d'Amérique latine ont annoncé leur venue, dont les chefs d'État bolivien Evo Morales et nicaraguayen Daniel Ortega, tous deux très proches de Hugo Chavez, ainsi que le président haïtien Michel Martelly. Le président d'Uruguay José Mujica a quant à lui été reçu mercredi à l'aéroport de la capitale par Nicolas Maduro.

La présidente argentine Cristina Kirchner et le chef d'État péruvien Ollanta Humala doivent, eux, se rendre jeudi à La Havane.

Cuba sera représenté par le vice-président du conseil des ministres Miguel Diaz Canel, arrivé dès mercredi.

Pour le président équatorien Rafael Correa, un autre proche de Chavez, un départ de ce dernier constituerait un «coup» important pour la région. Il a toutefois appelé à poursuivre son «projet révolutionnaire» en Amérique latine.

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