Le Venezuela débute 2013 en s'inquiétant pour Chavez

«Maintenant plus que jamais avec Chavez», peut-on lire... (Photo: AFP)

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«Maintenant plus que jamais avec Chavez», peut-on lire sur cette affiche dans les rues de Caracas, au Venezuela.

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Jordi MIRO
Agence France-Presse
Caracas

Le Venezuela a commencé mardi l'année 2013 dans l'incertitude sur le sort de son président Hugo Chavez, hospitalisé depuis trois semaines à Cuba, où il est soigné pour un cancer, et dont l'état s'est détérioré alors qu'il était censé prêter serment pour un nouveau mandat le 10 janvier.

Indice du climat d'inquiétude qui règne sur le pays, les festivités officielles du Nouvel An ont été annulées, et les rues de Caracas étaient pratiquement vides mardi, premier jour de la nouvelle année.

Le Venezuela retient son souffle depuis que le vice-président Nicolas Maduro a interrompu dimanche les préparatifs pour le Nouvel An en annonçant à la télévision, depuis Cuba, une aggravation de l'état de M. Chavez, 58 ans, opéré une quatrième fois le 11 décembre pour traiter un cancer dans la zone pelvienne détecté en juin 2011.

«Nous avons été informés de nouvelles complications apparues à la suite de son infection respiratoire», et ces complications «doivent être soignées avec un traitement non dénué de risques», a dit le vice-président.

M. Maduro, qui est également ministre des Affaires étrangères et a été désigné comme héritier par le président avant son départ pour La Havane, a indiqué qu'il resterait durant «les prochaines heures» aux côtés du patient.

Les plus récentes informations de source officielle sur la santé de M. Chavez ont été données dans la nuit de lundi à mardi, depuis Cuba, par Jorge Arreaza, ministre des Sciences et Technologies et gendre du président.

Il réagissait sur son compte Twitter à des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles M. Chavez serait décédé. «Compatriotes, ne croyez PAS à des rumeurs mal intentionnées. Le président Chavez a passé une journée tranquille et stable, accompagné par ses enfants», a écrit le ministre.

Les quatre filles de M. Chavez se sont rendues à La Havane pour être à ses côtés.

Selon l'analyste politique Luis Vicente Leon, de l'institut Datanalisis, «il est certain que l'état de santé du président Chavez est critique».

Réélu confortablement en octobre pour un nouveau mandat de six ans, Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999, était censé prêter serment le 10 janvier devant l'Assemblée nationale.

Alors que même ses partisans ont quasiment exclu qu'il soit en état de prêter serment à cette date, les réseaux sociaux bruissent de rumeurs annonçant sa mort tandis que d'autres multiplient les témoignages de solidarité avec le président.

Dès dimanche soir, le ministre de l'Information, Ernesto Villegas, a fermement démenti sur la chaîne officielle VTV des rumeurs sur la mort du président.

D'autres démentis officiels de ces rumeurs persistantes ont suivi, et le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles s'y est joint mardi. «Ne tombons pas dans les rumeurs ni dans les haines», a-t-il déclaré dans un gazouillis.

Au niveau politique, le pouvoir bute sur un «écueil»: parvenir à repousser la date de prestation de serment, inscrite dans la Constitution, d'une façon qui ne soit pas interprétée «comme un coup d'État institutionnel», a estimé l'analyste Luis Vicente Leon.

Jusqu'à présent, le vice-président Maduro et le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, évoquent la possibilité d'une prestation de serment ultérieure, devant le Tribunal suprême de justice.

En cas d'impossibilité du président d'assumer ses fonctions, il revient au vice-président ou au président de l'Assemblée, selon les circonstances, d'assumer l'intérim et de convoquer des élections anticipées.

Henrique Capriles, battu par M. Chavez lors de la présidentielle du 7 octobre et qui pourrait affronter M. Maduro dans les urnes, a également admis que la date de prise de fonction pourrait être repoussée.

La rareté des informations sur la santé de M. Chavez contribue à alimenter l'inquiétude de ses partisans. Depuis qu'il est parti se faire soigner à La Havane, aucun communiqué médical n'a été publié. C'est le gouvernement vénézuélien qui informe au compte-gouttes sur son état de santé dans de brefs communiqués que doivent obligatoirement diffuser toutes les radios et les télévisions du pays.

Les alliés politiques de Hugo Chavez en Amérique latine lui ont exprimé leur soutien dans l'épreuve qu'il traverse.

«Tout notre amour, toute notre affection, toutes nos prières» vont à Hugo Chavez, a déclaré lundi le président du Nicaragua, Daniel Ortega, lors d'une messe célébrée près de Managua pour le rétablissement du chef de l'État vénézuélien.

«Je déplore profondément que notre frère latino-américain Hugo Chavez, notre camarade de lutte, notre camarade anti-impérialiste, affronte un problème de santé si difficile», a déclaré le président bolivien Evo Morales. Il a souhaité «beaucoup d'énergie» à son homologue vénézuélien «pour qu'il puisse se rétablir rapidement».

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