Révolte étudiante au Mexique: la démocratie, «pas une telenovela»

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Samedi dernier, 46 000 étudiants ont manifesté dans les rues de la capitale Mexico pour réclamer une information sérieuse, honnête et équilibrée de la part des médias mexicains, particulièrement des télévisions.

Photo: Edgard Garrido, Reuters

Emmanuelle Steels
La Presse

(Mexico) C'est une secousse en pleine campagne électorale en vue de la présidentielle du 1er juillet: comme au Québec, les rues de Mexico s'emplissent de manifestations étudiantes. Des milliers de jeunes dénoncent «l'imposition d'un candidat par les télévisions». Leur cri: «Notre démocratie n'est pas une telenovela. Informe-toi!»

Dans un joyeux brouhaha, ils hurlent à la désinformation. Des milliers d'étudiants mexicains manifestent depuis la semaine dernière contre les médias, en particulier les télévisions, qu'ils accusent de mener une campagne éhontée en faveur du candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a gouverné le Mexique sans interruption de 1929 à 2000. Les sondages, que beaucoup d'analystes considèrent comme peu fiables, ont beau donner Enrique Peña Nieto favori dans la course à la présidence, ses constantes apparitions télévisées ont fini par irriter les jeunes.

Pour une information juste

Ils étaient environ 15 000 à manifester pour réclamer un accès à une information sérieuse, honnête et équilibrée, mercredi soir, dans les rues de Mexico. Samedi dernier, 46 000 étudiants avaient marché pour la même cause. «Les télévisions présentent l'information comme une telenovela», déplore Francisco Betanzos, étudiant en journalisme, en allusion au récent mariage de Peña Nieto avec une actrice de téléroman. La mèche de la révolte s'est enflammée le 11 mai dernier: le candidat, venu présenter son projet aux étudiants de l'Université ibéro-américaine, a été bruyamment chassé par ceux-ci, exaspérés par son «incapacité à débattre» et par son discours qu'ils ont jugé «abstrait et creux».

«Merci à l'Ibero d'avoir provoqué ce raffut!», clament les pancartes des manifestants. Jesus Silva-Herzog, commentateur politique et professeur de droit à l'Institut technologique autonome de Mexico (ITAM), salue ce réveil de la jeunesse. «C'est un mouvement qui vient secouer l'atmosphère électorale, qui était plongée dans l'attente résignée de la victoire du PRI. Mais n'exagérons pas, ce ne sont pas les télévisions qui imposent un président, même si les étudiants ont raison de réclamer une démocratisation de l'information de la part des médias», souligne-t-il.

Pas d'allégeance politique

Les étudiants rebelles affirment ne pas avoir d'étiquette politique, même si certains manifestants crient des slogans en faveur du candidat de gauche Andrés Manuel López Obrador. Une crainte semble en tout cas les unir: celle du retour du PRI. «Nous, les étudiants, nous avons une mémoire, et nous savons que le PRI a représenté 70 ans de répression et de misère», déclare Violeta Leal Sandoval, étudiante en histoire. Cette crainte affleure de mille manières dans les slogans et les pancartes des manifestants.

Le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Enrique... (Photo: Henry Romero, Reuters) - image 2.0

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Le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Enrique Peña Nieto, est donné favori dans les sondages pour remporter l'élection présidentielle.

Photo: Henry Romero, Reuters

132

YoSoy132 («Je suis le 132e») est le nom de ce mouvement étudiant qui s'est propagé sur les réseaux sociaux. C'est une allusion à la vidéo lancée initialement sur YouTube par 131 étudiants de l'Université ibéroaméricaine de Mexico contre le candidat Enrique Peña Nieto. Marchant dans les pas de ces instigateurs, chaque manifestant endosse le rôle du 132e étudiant rebelle.




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