Zimbabwe: l'intervention de l'armée était légale, décrète un juge

L'armée est intervenue il y a près de... (Photo Siphiwe Sibeko, REUTERS)

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L'armée est intervenue il y a près de deux semaines après que le congédiement du vice-président Emmerson Mnangagwa par Robert Mugabe eut fait craindre que le président s'apprêtait à céder le pouvoir à sa femme, la très impopulaire Grace Mugabe.

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Farai Mutsaka, Christopher Torchia
Associated Press
HARARE, Zimbabwe

L'intervention de l'armée du Zimbabwe ayant mené à la démission du président Robert Mugabe était légale, a décrété un juge de la Haute Cour du pays africain alors que les militaires tentent de montrer qu'ils n'ont pas fait de coup d'État. Les experts estiment que cette décision établit un dangereux précédent.

Par ailleurs, le ministre des Finances et d'autres alliés de M. Mugabe se sont présentés devant un tribunal, samedi, pour dénoncer la violence dont ils auraient été victimes à la suite de l'intervention de l'armée.

Le juge de la Haute Cour George Chiweshe, un général à la retraite, avait statué, vendredi que la décision des militaires d'intervenir afin d'empêcher l'entourage de M. Mugabe de prendre le pouvoir était légale.

L'armée est intervenue il y a près de deux semaines après que le congédiement du vice-président Emmerson Mnangagwa par Robert Mugabe eut fait craindre que le président âgé de 93 ans s'apprêtait à céder le pouvoir à sa femme, la très impopulaire Grace Mugabe.

Dans sa décision, le magistrat a indiqué qu'en passant à l'action, les militaires avaient assuré que des individus non élus n'exercent pas des fonctions exécutives, une apparente allusion à Mme Mugabe.

Il a également affirmé dans un jugement séparé que le renvoi de M. Mnangagwa était illégal.

Emmerson Mnangagwa a été assermenté comme président vendredi, devenant le deuxième leader du Zimbabwe après le règne de 37 ans de Robert Mugabe.

Les décisions du juge Chiweshe ont rapidement été critiquées par des spécialistes en droit et des alliés de M. Mugabe.

Sur Twitter, le ministre de l'Éducation supérieure a déclaré que, si c'était là la nouvelle voie sur laquelle le Zimbabwe devait s'engager, le pays aurait besoin de toutes les prières possibles.

Le directeur de Human Rights Watch pour le sud de l'Afrique, Dewa Mavhinga, a de son côté qualifié les jugements «d'incroyables» et écrit sur Twitter «étrange, justice captive?»

L'avocat zimbabwéen Alex Magaisa a quant à lui prévenu que ces jugements pourraient bien revenir hanter le gouvernement Mnangagwa en légalisant l'intervention de l'armée dans les affaires gouvernementales.




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