Nigeria: au moins 30 morts dans des violences intercommunautaires

La région de Numan, avec ses terres fertiles... (AFP)

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La région de Numan, avec ses terres fertiles traversées de cours d'eau douce, est le coeur de l'agriculture et de l'élevage dans l'État d'Adamawa. Sur cette photo de février 2017 figurent un jeune éleveur avec des vaches.

AFP

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Agence France-Presse

Au moins 30 personnes ont été tuées dans des attaques menées contre des villages d'éleveurs peuls dans l'État d'Adamawa, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé à l'AFP mercredi la police.

Des agriculteurs de l'ethnie chrétienne Bachama ont attaqué lundi quatre villages d'éleveurs peuls musulmans dans la région de Numan, tuant principalement des femmes et des enfants, a déclaré le porte-parole de la police de l'Adamawa, Othman Abubakar.

D'autres responsables locaux ont fait état de bilans bien plus lourds, atteignant la soixantaine de victimes.

« Nous avons jusqu'ici récupéré 30 corps dans les villages touchés, mais le bilan n'est pas définitif, les équipes de secours continuent de fouiller la brousse environnante à la recherche de corps », a expliqué M. Abubakar.

« Le vice-gouverneur s'est rendu dans les villages et une enquête a été ouverte pour comprendre les motifs de l'attaque et traduire les responsables en justice », a-t-il ajouté.

Une milice Bachama a attaqué les villages voisins de Kikan, Kodomun, Shafaran et Ketowal lundi vers 13h (12h GMT), incendiant de nombreuses habitations et « tuant des femmes et des enfants », a confirmé le patron du syndicat des éleveurs de l'Adamawa, Mafindi Danburam.

Mais des leaders de la communauté peule ont fait état de bilans bien plus lourds.

« Selon nos estimations, plus de 60 femmes et enfants ont été massacrés au cours de l'attaque, certains d'entre eux ont été poursuivis et tués dans la brousse alors qu'ils tentaient de fuir », a affirmé M. Danburam.

La plupart des hommes étaient absents, car ils avaient emmené leurs troupeaux paître en brousse ou s'étaient rendus au marché d'une localité proche pour vendre leurs bêtes quand les villages ont été attaqués, a-t-il précisé.

L'imam de la mosquée centrale de Numan, Aminu Yakub, a assuré que 47 corps avaient été transférés à la morgue avant d'être enterrés mardi selon la tradition musulmane.

« Nous avons récupéré à la morgue de l'hôpital général 47 corps de femmes et d'enfants, dont des bébés âgés de quelques mois, pour les enterrer », a déclaré l'imam.

La région de Numan, avec ses terres fertiles traversées de cours d'eau douce, est le coeur de l'agriculture et de l'élevage dans l'État d'Adamawa.

La « ceinture » centrale du Nigeria, qui s'étend de l'est à l'ouest du pays et jouxte l'Adamawa, est régulièrement le théâtre d'affrontements sanglants entre agriculteurs chrétiens et éleveurs peuls musulmans. Ces derniers, nomades qui transhument traditionnellement avec leur bétail, ont tendance à se sédentariser, par manque de terres disponibles.

Au départ, le conflit portait surtout sur l'accès à la terre et à l'eau et des luttes de pouvoir locales. Mais les tensions ethniques et religieuses ont augmenté depuis les violences postélectorales de 2011, durant lesquelles des centaines de musulmans ont été tués ou forcés de fuir la région.




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